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Création de Jacques Castagné (D.Ronflard)

Jardine avec Bottine et ses amis. de 3 à 11 ans

Jardins et peinture en Occident


La Belle jardinière (L'Auxerrois). Galerie Naïfs et Primitifs. ParisPromue, il y a quelques années, « art majeur » par le ministère de la Culture, la création des parcs et jardins côtoie désormais la peinture au palmarès des pratiques artistiques. Mais il n'a pas fallu attendre cette reconnaissance officielle pour que des relations suivies s'établissent entre les deux disciplines, unilatérales d'abord puis réciproques à partir du XVIIIe siècle.

Des fresques de Pompéi aux toiles de Monet en passant par les miniatures médiévales, le jardin semble inspirer, depuis longtemps, peintres et enlumineurs. Arrière-plan élégant d'une scène religieuse ou sujet principal de l'oeuvre, il constitue également un cadre idéal pour les rencontres galantes ou les scènes de genre. À l'inverse, l'art pictural exerce une influence importante, depuis le siècle des Lumières, sur nombre de paysagistes qui aménagent le terrain à la manière d'un tableau.

Les jardins de la Bible
Jardins des Hespérides, de Flore, de Pomone ou de Vénus, les jardins de la mythologie gréco-romaine s'invitent volontiers dans la peinture. Mais ce sont ceux de la Bible qui inspirent le plus les artistes occidentaux. Rien d'étonnant d'ailleurs puisqu'ils y tiennent une place assez importante dans l'Ancien comme dans le Nouveau Testaments et ce, dès la Genèse. L'Eden, archétype de tous les jardins, joue évidemment la vedette. Omniprésent dans les miniatures médiévales et chez les primitifs, il se fait ensuite plus discret mais reste un thème récurrent jusqu'à l'époque contemporaine. Au début du XVIe siècle, Jérôme Bosch en offre, avec Le Jardin des délices, une interprétation très particulière, mêlant êtres humains, animaux, végétaux, formes irréelles et châteaux fantasmagoriques. Plus conforme à la tradition, Le Paradis terrestre de Bruegel de Velours, au siècle suivant, évoque la perfection et le bonheur : tandis que la floraison simultanée des roses, tulipes, cyclamens et primevères traduit l'intemporalité, la cohabitation fraternelle des créatures animales et végétales se veut, quant à elle, le reflet de l'universalité, d'un accord intime entre les différents règnes du vivant. Plus récemment, Gauguin propose, avec Ève exotique, un Eden tropical dont la végétation et les paysages s'inspirent des sculptures indiennes de Borobudur et d'un séjour de l'artiste à la Martinique. Autant de visions différentes pour une même source d'inspiration déclinée sans relâche à travers les siècles. Situé lui aussi dans le cadre d'un jardin verdoyant - à la fois jardin de la tentation et jardin des vertus - l'épisode de l'Ancien Testament concernant « Suzanne et les vieillards » semble avoir suscité moins d'intérêt. Il constitue toutefois le thème de plusieurs tableaux de la Renaissance, oeuvres d'artistes parfois prestigieux comme Le Tintoret ou Lorenzo Lotto.

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Odile Lacaille d'Esse

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