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Apprenez à jardiner dans le respect de votre environnement, un site de la SNHF

Création de Jacques Castagné (D.Ronflard)

Pratiques jardinières, un reflet de la société

Crédit photo : GNISLe jardinage est à la mode. Depuis une vingtaine d’années, on parle de « fièvre verte » et le marché est plus florissant que jamais. Toutes les catégories sociales sont concernées, mais de manière inégale car la dépense horticole augmente avec le revenu. En 2004, selon Promojardin, la progression en cinq ans est de 17 %, pour un chiffre d’affaires supérieur à celui de la micro-informatique, à peine inférieur à celui de la télévision et de la haute-fidélité. 90 % des foyers disposent d’un espace de jardinage, 61 % d’entre eux disposant d’un jardin, 21 % d’une terrasse ou d’un balcon. L’essor du marché des produits de jardin est lié au développement de la maison individuelle depuis une cinquantaine d’années, dans les communes périurbaines et rurales ; il est également lié à un marché citadin en pleine extension, celui des plantes de balcons et de terrasses.

Variables d’un individu à l’autre, les pratiques jardinières répercutent des changements dans la société. Modes et modèles se succèdent et circulent entre espace public et espace privé, entre monde rural et monde citadin, entre amateurs et professionnels. Le jardinage devient parfois prétexte au repli sur soi dans la bulle pavillonnaire, ou encore, pour les tenants de l’idéologie écologiste, lieu emblématique où s’inventent de nouveaux rapports à la nature et à autrui.

Du jardin paysan au jardin fleuri
Se nourrir, mais exprimer aussi une culture spécifique, tel est le cas des jardins paysans des exploitations de polyculture, peu mécanisées et sans successeurs, qui émaillent encore la campagne française. Ici le terme de jardin est strictement synonyme de potager, dont un au moins figure toujours à proximité immédiate de la maison. Mais tous les espaces domestiques (clapiers et poulailler, potager, bûcher, citerne, coin fleuri, séchoir à linge, hangars à outils, etc.) expriment le mode paysan, où dominent l’autoproduction, le bricolage, la récupération et le faire par soi-même. C’est ce que traduisent les fleurs « rustiques », semées ou bouturées, surélevées pour les protéger des animaux de basse-cour, installées au gré des occasions dans des récipients divers, « plantes anciennes » ou « floricottes» rarement achetées mais circulant dans le réseau d’échange des voisines et parentes. Elles sont l’expression d’un ici, village et gens, sans soucis de reconnaissance ni même d’appartenance à un ensemble plus large, même si la télévision et le supermarché font désormais partie de l’ordinaire.

Dans les autres milieux populaires, le jardinage destiné à la nourriture de la maisonnée est toujours, dans les années 1960, un complément essentiel à la « maison neuve » qu’une population toujours plus vaste d’employés, ouvriers, commerçants et agriculteurs, sacrifi e à « faire bâtir ». La place de l’auto-construction, le rôle de l’entraide et de l’échange témoignent d’un passé rural encore proche. Mais l’espace autour du pavillon se scinde en deux, sur le modèle citadin. Pelouse, arbres d’ornement, massifs fleuris, objets décoratifs peuplent désormais l’espace situé devant la maison, qu’une clôture, le plus souvent, sépare de la rue, de la route ou du chemin.
 

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Martine Bergues
Centre Edgar Morin / Conseil général du Lot
Conférences et échanges Jardiner autrement - Saintes, 16 février 2012

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