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Apprenez à jardiner dans le respect de votre environnement, un site de la SNHF

Création de Jacques Castagné (D.Ronflard)

Discours fondateur du Vicomte Héricart de Thury

Portrait d'Héricart de ThuryVicomte Héricart de Thury
1827

Premier Président de l'association, de 1827 à 1852

Messieurs,

Sœur de l'Agriculture, la science des jardins, l'Horticulture a, comme elle été cultivée et honorée dans les siècles les plus reculés ; comme elle, elle eut ses divinités, ses maîtres, ses poëtes et ses historiens, et comme elle, enfin, elle est sans origine certaine. Cependant nous voyons dans le plus anciens, dans le premier de tous les livres, que l'homme, aussitôt qu'il fut créé, fut mis dans un jardin délicieux, dans le fameux jardin d'Éden, dont tant de savans ont vainement cherché à déterminer la situation, mais dont le nom hébreux, Eden vel Heden, indique un lieu délicieux planté d'arbres.

Les premiers peuples furent des peuples de pasteurs ; il est donc permis de penser qu'ils furent étrangers à l'art de cultiver les jardins. Cependant nous ne pouvons douter que les Hébreux, en quittant l'Égypte, où ils avaient puisé la connaissance des sciences et des arts qui y étaient déjà si bien cultivés, n'y aient également pris le goût des jardins, dont la belle vallée du Nil leur avait présenté de si beaux modèles, puisque l'Écriture parle souvent des jardins de Jérusalem, des  jardins du Roi, et de la somptuosité des jardins de Salomon. Nous ignorons, il est vrai, en quoi consistait cette somptuosité ; mais nous ne pouvons douter qu'elle ne fût très-grande, puisque nous voyons le prophète Isaïe s'élever contre elle, et reprocher amèrement aux Hébreux l'amour de choix et de préférence qu'ils donnaient à leurs jardins, dont une des premières conditions était nécessairement l'abondance de l'eau ; Isaïe, dans sa sainte colère, les menaçant de devenir comme un chêne dont toutes les feuilles tombent, et comme un jardin qui est sans eau. Enfin, Messieurs, vous ne pouvez avoir oublié le trait de sagesse du jeune Daniel, qui sauva la chaste Suzanne, surprise au bain, dans le jardin de Joachim, son mari.

(...) Réunissant  parmi vous, Messieurs, avec les membres des sections de botanique et d’économie rurale de l’Académie des Sciences, ceux de la Société royale et centrale d’agriculture, enfin un grand nombre de botanistes distingués, d’amateurs, de directeurs et de propriétaires des plus belles serres et des premières pépinières de France, telles que les jardins de Fromont de notre confrère M. le chevalier Soulange Bodin, président de la Société linnéenne, le magnifique établissement et les belles serres chaudes de M. Boursault, les pépinières de MM. Cels et Noisette, celle du Luxembourg, etc., etc., vous pourrez vous flatter d’obtenir promptement les mêmes succès que ces diverses Sociétés, avec lesquelles vous devrez vous mettre en relation. Comme elles, vous propagerez le goût de l’Horticulture ; comme elles, vous porterez l’instruction dans la classe laborieuse de nos jardiniers, qui ne demandent qu’à être éclairés. Enfin, par vos travaux, vous prouverez, Messieurs, que votre Société est digne de la protection spéciale de Charles-le-Bien-Aimé, notre Auguste Souverain, et d’obtenir la faveur d’être instituée Société royale d’Horticulture d’un Monarque protecteur des sciences et des arts, que la Société horticulturale de Londres se glorifie de compter à la tête de ses correspondants.

 

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