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Création de Jacques Castagné (D.Ronflard)

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Les jardins utilitaires

Le jardin du Petit Bordeaux (C.Secq)Si certains jardins sont dédiés au plaisir, d'autres ont pour but de produire. Utilitaires à plus d'un titre, ils fournissent, depuis des siècles, fruits, légumes et aromates, mais également plantes tinctoriales, médicinales ou à parfum. Une vocation récemment remise à l'honneur dans des réalisations somptueuses... et aussi chez les jardiniers du dimanche. Déconsidéré pendant plusieurs décennies et cantonné aux lieux obscurs, le jardin utilitaire suscite, depuis une vingtaine d'années, un nouvel intérêt. Devenu plus écologique et ludique qu'autrefois, il combine volontiers productivité et esthétique dans la lignée des prestigieux modèles d'antan. Outre sa fonction initiale, il assume désormais différents rôles scientifique, pédagogique, social... Une polyvalence qui participe à son succès actuel !

Une réhabilitation récente
L'iconographie en témoigne : les jardins de l'Antiquité font la part belle aux végétaux utilitaires. Ainsi, au milieu des plantes ornementales, les grenadiers, pruniers et cognassiers figurent-ils en bonne place sur les fresques de Pompéi ; palmiers-dattiers, vigne et papyrus, quant à eux, s'invitent au coeur des jardins égyptiens représentés dans les tombeaux des hauts dignitaires. Même constat au Moyen Age. Avec son potager (hortus), son verger (viridarium) et son jardin d'herbes médicinales (herbularius), le plan de l'abbaye de Saint-Gall (IXe siècle) reflète bien l'importance des espaces productifs pour les populations médiévales. Une importance que confirment des documents plus tardifs comme Le Ménagier de Paris, un ouvrage écrit au XIVe siècle par un bourgeois pour l'édification de sa jeune épouse, appelée à devenir parfaite maîtresse de maison et jardinière accomplie. Quelques siècles plus tard, alors que Le Nôtre assure le triomphe du style à la française, Jean-Baptiste de La Quintinie élève au rang d'art le jardin nourricier. Créateur du Potager du Roi à Versailles, il parvient à unir utilité et agrément, combinant production de qualité et esthétique. Publié à titre posthume, traduit et réédité à plusieurs reprises, son livre intitulé Instruction pour les jardins fruitiers et potagers contribue, pendant longtemps, au succès du modèle versaillais, maintes fois copié dans les riches demeures. Si le XIXe siècle voit l'essor de la pomologie, science vouée à l'étude des fruits comestibles, et la multiplication des publications sur le sujet, le déclin s'amorce quelques décennies plus tard. Production de masse, consommation standardisée et transformation des modes de vie portent un sérieux préjudice au jardinage productif, peu à peu supplanté par les espaces d'agrément. Il faut attendre les années 1980 pour qu'un regain d'intérêt se manifeste à son égard... puis se confirme. Depuis peu, le jardin utilitaire a retrouvé toutes ses lettres de noblesse. Pour preuve, le concours organisé chaque année par la SNHF (Concours national des jardins potagers), la fête automnale des plantes de Saint-Jean-de-Beauregard (consacrée aux fruits et légumes), celle des jardins gourmands (initiée en 2004 par Promojardin) ou encore le festival de Chaumont-sur-Loire de 1999 (sur le thème du potager). A l'instar d'Alain Ducasse, les grands chefs eux-mêmes participent à cet engouement, mettant volontiers au menu leur propre production : une démarche que plébiscite un public toujours plus large, en quête de vraies saveurs !

Une conception nouvelle
Ce retour en force depuis une vingtaine d'années s'accompagne d'une évolution qui traduit bien les préoccupations actuelles de la population. Ainsi, les inquiétudes face à la dégradation de l'environnement ont-elles contribué à mettre - ou remettre - à l'honneur certaines pratiques. Purins et
décoctions de plantes, cultures associées, engrais verts, insectes auxiliaires... le jardinage
bio fait aujourd'hui recette. A Mens en Isère, Terre vivante illustre parfaitement cette tendance : cette association publie une très intéressante revue1 et de nombreux livres d'écologie pratique mais applique également ses théories sur le terrain, permettant aux visiteurs de constater de visu leur bien-fondé. Dans son jardin aux multiples facettes, la rotation des plantations, la pratique du mulching ou encore le recours au compost maison permettent d'obtenir légumes, petits fruits et aromates éclatants de santé... le tout sans aucun produit chimique de synthèse.

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Odile Lacaille d'Esse
Article paru dans Jardins de France en octobre 2008

 

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