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Création de Jacques Castagné (D.Ronflard)

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Hauts de Seine : politique verte et bleue

Parc Diderot à Courbevoie (O Lacaille d'Esse)Installés dans une boucle de la Seine à l'ouest de Paris, les Hauts-de-Seine présentent l'image d'un département dynamique, affichant une belle santé économique et financière. En dépit d'un taux d'urbanisation maximal et d'une densité de population très élevée, presque la moitié du territoire est occupée par des espaces verts, parmi lesquels 18 parcs et jardins départementaux d'époque et de style variés.
Entre les prestigieuses réalisations historiques, à l'instar du parc de Sceaux, et les créations contemporaines, comme le parc du Chemin de l'Ile, le département des Hauts-de-Seine dispose d'un superbe patrimoine vert qui n'est pas étranger à son pouvoir d'attraction. La présence de la Seine, progressivement rendue aux habitants et à la nature, participe aussi à son charme. Enfin, l'action menée par le conseil général, actif et très engagé en faveur du développement durable, ajoute encore à l'agrément des lieux. Un endroit où il fait bon vivre...

Parc du chemin de l'île (O Lacaille d'Esse)Des lieux chargés d'histoire
Comme la plupart des départements de la couronne parisienne, celui des Hauts-de-Seine peut se targuer d'une riche histoire, plus ou moins couplée à celle de la capitale. Témoins vivants de ce passé glorieux, plusieurs jardins rappellent le souvenir d'hommes illustres, venus s'installer ici, et conservent, aujourd'hui encore, l'empreinte de leur époque. Ainsi en est-il du parc de Sceaux, indissolublement lié à la mémoire de Jean-Baptiste Colbert, le célèbre contrôleur général des Finances de Louis XIV, et de son fils, le marquis de Seigneley. Propriétaire du domaine à partir de 1670, Colbert y fait venir des artistes renommés qui oeuvrent alors à Versailles, en particulier l'incontournable André Le Nôtre, maître du style classique. Devenu le grand ordonnateur des jardins, ce dernier compose une double et immense perspective qui s'ouvre sur le paysage environnant. Parterres, végétaux taillés en rideaux, miroirs et jeux d'eau portent la signature du célèbre jardinier et s'inscrivent parfaitement dans la tendance paysagère du moment. Malmené par la Révolution - qui entraîne sa destruction presque totale - retracé à partir du XIXe siècle, restauré dans les années 1930 et agrémenté d'une fontaine "cubiste" conçue par Léon Azéma, le site a beaucoup évolué au fil des ans. Si la disparition du château d'origine, remplacé par un bâtiment de style néo-Louis XIII, nuit quelque peu à l'impression générale, l'esprit du Grand Siècle reste toutefois très perceptible et les fantômes de Colbert, de Le Nôtre ou encore de Jules Hardouin-Mansart - auquel est due la belle orangerie (conservée) - hantent toujours les lieux.

Même constat dans la Vallée aux Loups, un endroit lui aussi chargé d'histoire que marque la présence, au début du XIXe siècle, d'une des personnalités littéraires les plus brillantes de l'époque, François-René de Chateaubriand. Contraint de quitter Paris après s'être attiré les foudres de Napoléon, l'écrivain choisit de s'exiler dans cette vallée tranquille et isolée du monde. Loin de toute société, il y acquiert une propriété paisible qu'il évoque, dans ses oeuvres, comme un "refuge" ou un "ermitage". Amoureux de la nature et féru de botanique, comme nombre de ses contemporains, il crée alors un superbe parc, inspiré du modèle anglais mais très personnel. Autour d'une vaste pelouse ovale, une collection d'arbres exotiques rappelle ses voyages en Amérique du Nord, en Orient et dans le bassin méditerranéen. Catalpas de Louisiane, cèdres du Liban, pins de Jérusalem composent ainsi un véritable itinéraire imaginaire en même temps qu'une oeuvre de mémoire. En novembre 2007, dix ambassadeurs venus de pays visités par Chateaubriand ont été conviés, par le conseil général, à planter dans le parc de la Vallée aux Loups un arbre emblématique de leur pays : un élégant moyen de rendre hommage au célèbre écrivain dont la maison, restaurée et remeublée, puis ouverte au public, accueille, depuis 1987, les amateurs de romantisme. Autre figure éminente du département, Albert Kahn, le banquier philanthrope du début du XXe siècle, a poursuivi pendant des décennies un même idéal : construire la paix mondiale et lutter contre les méconnaissances et préjugés en établissant des Archives de la planète, sorte de mémoire des civilisations.

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Odile Lacaille d'Esse
Article paru dans Jardins de France en juillet 2008

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