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Création de Jacques Castagné (D.Ronflard)

Jardine avec Bottine et ses amis. de 3 à 11 ans

Les jardins de Mauvières à Dampierre (78)

Les jardins de Mauvières (photo MAP)La verdoyante vallée de l’Yvette est un écrin pour de belles demeures et de superbes jardins. Mauvières ne fait pas exception. Son jardin d’eau composé de 24 bassins est une oeuvre pourtant pleine de fantaisie et de surprises, qui se découvre pas à pas et au fil de l’eau.

Initiatique et ésotérique diront certains, original et plein d’idées diront les autres, ce jardin est avant tout le reflet de son créateur : le comte Jacques de Bryas qui en lança un jour l’idée comme un rêve ou un défi, et qui repose désormais au coeur de sa création.

Né d’une rencontre
Dans le temps « d’avant le jardin », c‘est à-dire jusqu’en 1983, cet espace, un peu éloigné du château, n’était occupé que par des marais et des broussailles. La première tâche d’importance a d’abord consisté à assainir et à creuser les bassins et les canaux. Un plan digne d’Hiram est peu à peu élaboré avec la complicité d’un architecte, ami du seigneur des lieux : Albert-Guy Feuillastre, qui arrive justement d’une mission en Egypte. La collaboration entre les deux hommes durera 20 ans. Un dessin ésotérique Canaux et bassins dessinent sur 2,5 hectares de nombreuses perspectives autour de deux axes principaux : l’un représente l’évolution de l’homme, l’autre le temps.

Au centre, quatre carrés forment un labyrinthe.
Chacun de ces carrés évoque une des phases de la vie : l’enfance n’a que deux ouvertures, l’entrée et la sortie. L’adolescence présente deux entrées et deux sorties. Le carré de l’âge adulte est plus ouvert. Le dernier carré, largement béant sur trois côtés, appelle à la sagesse ultime. Le dessin général, très élaboré même s’il n’apparaît pas lisible au premier contact, laisse cependant une impression d’espace très structuré où le visiteur est invité à progresser au fur et à mesure des perspectives et des découvertes… Canaux, bassins et cheminements ont été façonnés en pierres de meulière, en pavés et en briques anciennes, récupérés lors des grands travaux du quartier Rive Gauche de Versailles. Mais les bordures maçonnées subissent aujourd’hui l’épreuve du temps (et des ragondins !) et nécessitent un suivi attentif et constant.

Un végétal tout en discrétion
Le végétal se place ici au service du créateur. Il ne fait que souligner et mettre en valeur les lignes. Des floraisons discrètes se succèdent néanmoins toute l’année. Certains bassins ont été plantés de nénuphars et même de nymphéas. Ces derniers font l’objet d’une protection rapprochée à l’aide d’une couverture végétale en hiver et d’un filet anti-oiseaux en été. Une grande quantité d’oiseaux foulques, oies et canards ont élu en effet domicile dans ce lieu. Côté végétal, le jardin compte logiquement un grand nombre de plantes de bord d’eau : cyprès chauves, gunneras et hostas. Des lavatères, bignones, clématites et pivoines, plantées dans les bacs construits dans les angles, apportent leurs touches colorées.

Bien d’autres surprises
La promenade réserve de nombreuses autres surprises : fontaines, faïences, sculptures attirent ça et là le regard. Situé en retrait à l’entrée des jardins, un potager luxuriant et fleuri constitue la seule concession féminine à cet ensemble très sculptural. C’est là la touche d’Anne de Bryas qui entretient aujourd’hui avec détermination et enthousiasme l’oeuvre de son mari. « Ce n’est ni un jardin de fleurs ni un jardin à l’anglaise. Certains le rapprocheront des jardins classiques italiens ou mauresques, mais c’est avant tout un jardin un peu à part… » nous a-t-elle confié.

Article d'Agnès Guillaumin
Jardins de France Septembre 2009

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