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Création de Jacques Castagné (D.Ronflard)

Jardine avec Bottine et ses amis. de 3 à 11 ans

Bordeaux applique la gestion raisonnée

1. La gestion raisonnée a été mise en place à Bordeaux depuis 2005, sur les 430 ha gérés
 

Objectifs
- Concilier aux mieux usages et niveaux d’entretien (gestion différenciée) et pour chacun des types d’entretien définis, mettre en œuvre progressivement des techniques de plus en plus en accord avec les principes du développement durable (environnemental, économique, social).
- Sur les milieux sensibles, mise en place progressive d’une gestion écologique (plans de gestion) : réduction de l’impact de l’entretien et aménagements en faveur de la biodiversité.

Cadre et contexte
- Charte municipale d’écologie urbaine et de développement durable (2007-2008).
- Plan vert (2001) – augmentation de la végétalisation de la ville.
- Charte du paysage de la ville de Bordeaux (2006) – règles de cohérence paysagère.
- Agenda 21 (2009-2014) – plan d’actions pour le développement durable de la ville.

Leviers/Moyens
- réduction des consommations d’eau dans les parcs et jardins,
- réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires (herbicides, insecticides, fongicides),
- mise en œuvre de techniques alternatives et pratiques écologiques : paillage, lutte biologique en milieu ouvert, abris/nichoirs/zone de biodiversité positive pour la faune auxiliaire, désherbage thermique, mécanique et recomposition du paysage,
- utilisation de fertilisation 100 % organique.

Résultats obtenus
- réduction de 75 % des consommations d’eau dans les parcs et jardins entre 2005 et 2008,
- réduction de 99,2 % de la consommation d’herbicides entre 2005 et 2009, « zéro herbicides » à compter de 2010,
- réduction de 95 % des consommations de fongicides et insecticides entre 2005 et 2009 ; depuis 2009 ne sont utilisés que les produits (et les dosages) autorisés en agriculture biologique.

Actions poursuivies
- poursuite du désherbage alternatif, végétalisation des pieds d’arbres, paillage, sensibilisation de la population pour extension du désherbage non-chimique sur les autres espaces publics, recomposition du paysage pour supprimer les espaces désherbés qui n’ont pas d’usages,
- utilisation des produits « bio », éliciteurs des défenses naturelles et PNPP (produits naturels peu préoccupants),
- stabilisation des consommations d’eau actuelles en intégrant l’accroissement constant des surfaces entretenues (projet urbain : bassin à flots, berges du lac, Bastide-Niel, OIN gare Saint Jean…),
- substitution de l’eau potable par des ressources en eau à enjeu de préservation moindre (adapter l’origine de l’eau à l’usage qui en est fait) : nappe superficielle, réutilisation secondaire d’eau potable (piscine, géothermie…),
- mise en place d’un système de management environnemental pour l’amélioration continue en matière de prise en compte de l’environnement dans tous les domaines d’activités de la direction des parcs et jardins (des ateliers et de la production florale à l’entretien des parcs) – objectif de certification ISO 14001 en 2011,
- labellisation « produit » des parcs, garantissant la qualité de leur gestion écologique par le respect d’un référentiel intégrant tous les aspects de prise en compte de l’environnement : eau, sol, bruit, air, biodiversité, paysage, qualité des matériaux, aspects sociaux et humains, etc.,
- intégration et/ou augmentation de la prise en compte de certains critères : intégration du risque allergénique dans le choix de la palette végétale, en plus des critères de résistance à la sécheresse et aux maladies, des considérations agronomiques d’adéquation entre la plante et son environnement (sol, humidité, pH, climat), des considérations esthétiques, des contraintes de vigueur et de l’intérêt pour la biodiversité locale par le caractère exotique/indigène),
- développement des jardins partagés pour leur rôle de cohésion sociale (Saint-Seurin, Rivière, et projets à venir), développement des contacts avec les associations de quartier pour une meilleure adéquation entre gestion et demande sociale et une meilleure appropriation (comité de pilotage de gestion),
- développement des surfaces végétalisées en ville: rôle épurateur de la qualité de l’air, bio-climatisation de la ville, ombrage, aspects paysagers…


2. Zoom sur le désherbage et la politique zéro phyto
 

L’utilisation des produits phytosanitaires peut présenter des risques directs ou indirects pour l’homme (l’utilisateur et la population en général dont l’exposition se fait par l’air, l’eau et l’alimentation) et pour les écosystèmes et la biodiversité (cf. plan interministériel de réduction des risques liés au pesticides - 2006/2009 et le plan Écophyto 2018 issu du Grenelle de l’Environnement).

Dans sa charte municipale de l’écologie urbaine et du développement durable, mise en œuvre depuis le début de l’année 2007, la mairie de Bordeaux s’est fixé pour objectif de réduire progressivement sa consommation de produits phytosanitaires, jusqu’à arriver à une consommation nulle en 2012.

Cet objectif a naturellement été repris dans l’Agenda 21 (Thème 3, action 29) et concerne tous les services de la ville, et en particulier les principaux utilisateurs de ce type de produits : direction des parcs et jardins, direction de la propreté, direction des sports, direction des cimetières.

Parmi ces produits phytosanitaires (dont les plus courants sont les herbicides, insecticides et fongicides), les plus utilisés au niveau de la mairie sont les herbicides qui sont utilisés pour le désherbage.

Situation dans les Parcs et Jardins
L’année de référence est 2005, correspondant au début de la formalisation de la gestion raisonnée. Deux indicateurs permettent le suivi de la consommation de produits phytosanitaires : le pourcentage de réduction d’utilisation des herbicides par rapport à l’année de référence, et celui d’utilisation des insecticides et fongicides.

En 2008, les Parcs et Jardins ont utilisé 6 % de la quantité d’herbicides qui avait été utilisée en 2005 et 4 % de la quantité d’insecticides et fongicides utilisée en  2005.

En 2009, les herbicides utilisés ne représentent plus que 0,8 % de la quantité  utilisée en 2005, et aucun insecticide ou fongicide n’a été utilisé en dehors de ceux autorisés en agriculture biologique (5 % de la quantité utilisée en 2005).

Des méthodes alternatives ont progressivement été mises en œuvre pour éviter de recourir à ces produits chimiques de synthèse, nocifs pour la santé et l’environnement :

- désherbage thermique (brûleurs à gaz, mousse chaude) ou manuel (raclet, binette),
- enherbement, naturel ou organisé, des zones dont l’usage actuel n’impose pas le recours systématique au désherbage (cuvettes au pied des arbres, certains terrains stabilisés),
- communication sur le rôle et l’intérêt des adventices en ville afin de mieux faire accepter l’abandon du désherbage systématique,
- utilisation de la production biologique intégrée en milieu ouvert (lâchers d’insectes auxiliaires prédateurs des insectes ravageurs, 250 arbres protégés de cette façon des pucerons par des lâchers de coccinelles en 2009),
- utilisation de pièges à phéromones (processionnaire du pin, mineuse du marronnier),
- utilisation de produits insecticides biologiques (huile de colza, savon mou) sans impact sur la santé ou  l’environnement,
- utilisation de produits biologiques renforçant les plantes et stimulant leurs défenses naturelles contre le développement des maladies fongiques (éliciteurs des défenses naturelles),
- amélioration des pratiques culturales afin de ne pas favoriser le développement des ravageurs et des maladies (remplacement de l’arrosage par aspersion, par le goutte-à-goutte, empamprage, recherche de meilleure adéquation plante/implantation…)


D’autres techniques sont progressivement mises en œuvre :
- acquisition de deux équipements de désherbage thermique par mousse chaude (jusqu’ici utilisé en prestation externe sur quelques sites trois fois par an). L’appareil (chaudière + cuve) sera installé sur des véhicules électriques de type Goupil et tournera sur les différents parcs de la ville,
- végétalisation des pieds d’arbres à partir de plantes ornementales, de semis mellifères (plantes intéressantes pour les insectes butineurs tels les abeilles) ou de semis de plantes indigènes – essais réalisés en 2009, généralisation en 2010,
- essais d’outils pour le désherbage mécanique de certains terrains stabilisés (en cours),
- redéfinition des surfaces nécessitant réellement un désherbage, en particulier sur les grands terrains des domaines HLM, en accord avec les organismes gestionnaires (Grand parc, cité Pinson, cité Carl Vernet - Aquitanis), et enherbement des surfaces restantes (par semis ou conservation de la végétation spontanée) ensuite entretenues par tonte.

Eric Pesme
Ingénieur délégué au développement durable à la Direction des Parcs et Jardins de la ville
Conférence lors de la journée à thème "Jardins, environnement et santé" à Bordeaux en 2010

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