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Création de Jacques Castagné (D.Ronflard)

Jardine avec Bottine et ses amis. de 3 à 11 ans

Jardinier-paysagiste, un métier pour les passionnés

Tressage de l'osier (C.Secq)Le secteur du paysage emploie près de 70 000 personnes, hommes et femmes dont la grande majorité (81 %) sont en Contrat à Durée Indéterminée (CDI) et à temps complet, 85 % des salariés travaillant sur le terrain. Les entreprises du paysage recrutent plus de 15 000 personnes par an depuis 2001. Le secteur des travaux paysagers est en plein développement et bénéficie d'atouts indéniables. Il attire de plus en plus de jeunes mais pas encore suffisamment pour couvrir tous les besoins de la profession et participer à l'embellissement des espaces verts intérieurs et extérieurs.

Être jardinier-paysagiste, c'est mettre en scène un décor végétal et minéral en jouant sur les formes, les couleurs, les floraisons. Cela nécessite tout d'abord de bien connaître les végétaux mais aussi de maîtriser de nombreuses techniques allant de la maçonnerie (pour le dallage, les murets, les pièces d'eau...) en passant par l'éclairage ou l'arrosage. La valorisation de cette filière étonnante passe par la lutte contre des préjugés particulièrement tenaces. Mais pour la grande majorité des jeunes qui s'orientent vers les métiers du paysage, il ne s'agit pas d'un choix par "dépit" ou d'une orientation "subie". Une étude parue en février 2005 révélait en effet que ces jeunes sont animés d'un intérêt et d'une motivation réels, et la plupart ont déjà formulé un véritable projet professionnel.

Pourquoi souhaitent-ils embrasser ces carrières ? 95 % des jeunes qui suivent une formation aux Travaux Paysagers aiment la nature et souhaitent y évoluer professionnellement, 90 % d'entre eux ont déjà formé le projet de devenir paysagiste, et 60 % souhaitent à terme créer leur propre entreprise. Les formations menant aux métiers du paysage sont très majoritairement dispensées dans les établissements d'enseignement agricole, publics et privés sous contrat, qui dépendent du ministère de l'Agriculture, quelques-uns étant rattachés à l'Éducation nationale. La filière travaux paysagers permet aux jeunes de suivre des formations plus ou moins longues, mais ayant toutes pour objectif de les préparer au mieux à l'entrée dans la vie professionnelle en privilégiant l'apprentissage. Depuis le Certificat d'Aptitude en 2 ans après une classe de 3e, jusqu'aux diplômes d'Ingénieur à bac + 5, tous les niveaux de qualification sont proposés dans les spécialités "travaux paysagers" ou "aménagements paysagers". Catherine Muller, vice-présidente en charge du pôle Social-Emploi-Formation de l'Unep explique : « depuis plus de 20 ans, nous oeuvrons auprès du ministère de l'Agriculture pour une amélioration constante du système de formation : nous participons activement à la rédaction des référentiels de formation et à leur évolution. Les professionnels du paysage sont également présents dans chaque département et dans chaque région au sein des établissements et des instances de la formation initiale ou continue ».
L'Unep est aussi collecteur de la taxe d'apprentissage du secteur depuis 2004, avec pour mission de construire une véritable politique d'apprentissage de branche, selon une convention de coopération signée avec le ministère de l'Agriculture en 2003. Elle peut ainsi orienter la politique de formation des établissements. Par exemple pour 2008, les projets visant à renforcer les formations en matière de reconnaissance des végétaux peuvent prétendre à l'attribution de fonds, tout comme ceux visant à
approfondir les formations à l'élagage en sécurité, la conduite d'engins, etc.

Depuis 1999, la France participe aux Olympiades Internationales des Métiers, dans la catégorie jardiniers-paysagistes. Les Olympiades démarrent par les sélections en France aux niveaux régional et national, formidable outil de promotion à la fois des métiers et des écoles qui y conduisent. Les épreuves consistent à construire un jardin en un ou deux jours en respectant un plan précis, ce qui permet de montrer au grand public le savoirfaire des jeunes. Max Martin, entrepreneur et expert international au Cofom** précise : « la médaille d'or remportée par les jardiniers-paysagistes français lors des 38e Olympiades Internationales des Métiers à Helsinki, en mai 2005, et la médaille d'argent des 39e Olympiades au Japon en 2007, sont le résultat de la mobilisation de près d'une soixantaine d'écoles et CFA (centres de formation d'apprentis), de 500 jeunes en formation scolaire ou par apprentissage, et de près de 200 entreprises impliquées dans l'organisation matérielle des épreuves, les jurys, la préparation des candidats, sans compter la fourniture des matériaux, des plantes et le prêt des engins... » Depuis leur création en 1950, les Olympiades des Métiers permettent aux meilleurs apprentis et aux jeunes professionnels les plus doués de 48 pays à travers le monde de mesurer leurs savoir-faire dans plus de 40 métiers, sous le signe des valeurs olympiques. Une seule condition pour concourir : avoir moins de 23 ans l'année de la compétition.

Véronique Lelièvre
UNEP - Les entreprises du paysage

Article paru dans Jardins de France en avril 2008

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