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Le cassissier (Ribes nigrum)

Ribes nigrum (D.Lejeune)Le cassissier croît à l’état spontané dans le nord et le centre de l’Asie, le nord, l’est et le centre de l’Europe. À l’ouest, il atteint les forêts fraîches de la Meuse et de la Meurthe-et-Moselle. La culture l’a propagé à la zone tempérée de l’hémisphère nord. La culture du cassis a pris de l’extension au XVIIIe siècle, étant considéré alors comme un condiment ou une plante médicinale. Dans le vignoble bourguignon, le cassis s’est substitué localement à la vigne, ravagée par le phylloxera (cassis de Dijon). La sélection entreprise par l’Inra lui a permis de gagner des régions plus douces : Val-de-Loire, Île-de-France.

 

Végétation et fructification

La cassissier atteint 1,20 à 1,50 m de haut, et son développement est basitone*. La touffe est formée de rameaux issus de bourgeons situés en-dessous du collet sur la partie souterraine de la tige (rameaux primaires). Ces rameaux primaires poussent avec vigueur la première année. Les rameaux secondaires, apparaissant sur les rameaux primaires âgés d’un an et plus, porteront des fleurs et des fruits. Le cassissier présente un cycle de végétation court : débourrement fin mars (en Val-de-Loire), floraison fin avril, croissance des rameaux jusqu’à fin juin, maturité des fruits de mi-juillet à fin juillet. La fructification a lieu sur bois jeune (2/3 ans). Le bois âgé de plus de 4 ans de vient stérile et doit être supprimé. Le bourgeon floral est en fait un bourgeon mixte qui comporte à la fois des ébauches florales et des ébauches de feuilles. L’inflorescence est une grappe. Le cassissier se montre extrêmement sensible à la coulure, due essentiellement au manque de pollinisation. La présence de variétés pollinisatrices est absolument nécessaire : 25% de pollinisateurs. Le transport du pollen est assuré par les insectes, bourdons et abeilles. Il est donc utile de placer des ruches à proximité des cassis.
*Basitonie : caractère d’un végétal ligneux où les bourgeons de la base émettent des pousses plus fortes que celles du sommet. On est en présence du type « buisson ».

Culture

Pour la bonne tenue de l’arbuste, des arrosages copieux sont préconisés : trois à
quatre fois en mai et juin. Le paillage naturel maintient l’humidité du sol, apporte de la matière organique, ce qui améliore la structure du sol, et gêne la levée des adventices. Utilisez du compost, la tonte de pelouse, la paille, du bois raméal fragmenté (BRF), en paillant sur 10 cm d’épaisseur. Le paillage plastique présente l’inconvénient de laisser des déchets non dégradables. La fertilisation consiste en apports massifs de matière organique : fumier bien décomposé, compost… à raison de 30/40 kg par 10 m² tous les 2/3 ans. Ils seront complétés par une fumure annuelle d’azote, d’acide phosphorique, de potasse, toujours sous forme organique (voir encadré). La fumure sera appliquée en hiver (jusqu’en février), des apports plus tardifs pourraient prolonger la végétation en fin de saison.
Le sol sera maintenu meuble et propre, débarrassé de mauvaises herbes, en employant de préférence les moyens mécaniques : binages, sarclages ou désherbage thermique. Le système radiculaire du cassis étant superficiel, il faudra éviter tout travail profond du sol, le mieux étant d’aérer la terre sans la retourner (fourches à bêcher). Sur les cassis conduits en touffes, un léger buttage sera fait avant l’hiver.

Ribes nigrum (D.Lejeune)Le cassissier se multiplie facilement par bouturage ligneux. Les boutures se prélèvent en hiver (décembre) sur des arbustes en production ou sur des touffes de deux ans. Préparez des boutures de 20 cm de long. Elles peuvent être plantées non racinées, ce qui donnera des résultats moins réguliers, ou racinées de un ou deux ans. Dans ce cas, les boutures seront mises en jauges dans un endroit ombragé. Elles seront placées en pépinière au printemps lorsqu’elles auront formé un cal cicatriciel. Elles seront disposées légèrement inclinées dans des sillons, enterrées aux trois quarts de leur longueur, espacées de 10 cm les unes des autres. En fin d’automne, les plants sont arrachés en vue de leur mise en terre. Si l’on veut obtenir des plants de deux ans, on les conserve en pépinière en rabattant les branches à 3 yeux. Au cours de l’hiver, les plants peuvent être déchaussés par les alternances de gel et de dégel : il faudra alors les renfoncer dans la terre. Les distances de plantation sont de 3,50 m entre les rangs, 0,80/1,00 m sur le rang.

Engrais organiques utilisables sur arbustes Ă  fruits
• Apport d’azote : corne torréfiée, corne broyée, sang desséché (0,8/1 kg pour 10 m²)
• Apport de phosphore : poudre d’os marin (1,6 kg pour 10 m²)
• Engrais complet : guano marin (0,5 kg pour 10 m²)
• Apport de calcium et d’oligoéléments : lithothamne
Évitez les produits pouvant contenir du chlore, cet élément étant néfaste

Conduite et taille

La conduite la plus simple est la touffe ouverte. Avant plantation, le plant est rabattu à 25/30 cm, les racines sévèrement raccourcies (habillage). La plantation est faite à l’automne, sur une terre bien ameublie et propre. Le plant est mis en terre incliné à 45°, les branches étant enterrées, y compris l’insertion au tronc des tiges inférieures. Au mois d’avril suivant, au début de l’éclatement des yeux supérieurs, toutes les tiges sont à rabattre à un oeil au-dessus de terre. Cette manière de procéder favorise l’émission de belles pousses de force égale, et la formation d’un buisson étoffé dès la deuxième année. Par la suite, d’autres pousses sortiront de terre tout au long de la vie de l’arbuste. Chaque touffe doit comporter 8/10 branches partant au ras du sol, formant une vasque ouverte. Chaque année, la touffe sera renouvelée par quart : supprimez 2 ou 3 branches âgées de 4 ans en les coupant à ras de terre. Remplacez-les par des brins de l’année, choisis parmi ceux qui poussent au ras du sol (rameaux primaires) et non ceux qui partent des branches âgées (rameaux secondaires). Dégagez le centre de la touffe en supprimant des branches au ras du sol. Le cassissier peut produire à la troisième année de plantation, et bien entretenu, il dure une dizaine d’années. Le cassis se récolte à complète maturité, avec un fruit noir. Le fruit mûr poursuit son évolution sur le pied pendant 8/10 jours sans risque de chute. L’époque de maturité s’étale de fin juin à fin juillet dans le Val-de-Loire. Au jardin d’amateur, seule la cueillette manuelle est pratiquée, les variétés les plus faciles à cueillir étant Tenah, Tsema, Malling Jet, Silvergieter, Blackreward, Blackdown. La congélation convient pour conserver le cassis jusqu’à 2 ans. À l’état frais, il peut être gardé 2 à 3 semaines à 0 °C. Le cassis se prête à diverses préparations : consommation en frais, confitures et gelées, jus de  fruits, sirop, liqueur.
Le cassis possède d’intéressantes propriétés médicinales. Réputé pour sa teneur en vitamine C, jusqu’à 230 mg pour 100 g de jus, c’est un tonique général. La vitamine C du cassis s’avère très stable, contrairement à celle des autres végétaux. Puissant diurétique éliminant l’urée et l’acide urique, il est préconisé contre les rhumatismes (infusion de feuilles) et l’artériosclérose. Il fait baisser la tension artérielle.

Michel Gautier
Article paru dans Jardins de France juin 2009

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