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Les orchidées du Luxembourg

CP : Max YangLes 2 000 m2 de serres du Jardin du Luxembourg abritent un grand nombre de plantes rares réunies au cours du temps. Les structures modernes, équipées de tablettes roulantes et d'une régulation automatique des températures, ont été refaites à neuf en 2000. Outre les orchidées, qui constituent le point central des collections, elles comptent près de 600 espèces et variétés de serre, dont 47 Codiaeum, 106 Begonia, et 50 Caladium.

Des collections nationales
Pour les seules orchidées, la collection est représentée par 1 300 taxons, dont 580 Paphiopedilum. Si on compte le nombre de plantes cultivées ici, ces orchidées représentent 10 000 plantes, dont 7 000 Paphiopedilum. Les serres du Luxembourg ont été déclarées collection nationale CCVS pour les orchidées de Guyane, avec une centaine d'espèces guyanaises, réunies grâce notamment à plusieurs expéditions de sauvetage. La collection de Paphiopedilum est aussi classée collection nationale du CCVS. Elle comprend 60 espèces et 540 cultivars.

Du côté de Vénus
La collection de Paphiopedilum occupe les deux tiers des 400 m2 de serres. Elle est répartie en cinq compartiments dont certains sont chauds (18-24 °C) et d'autres tempérés (16-20 °C). Les Paphiopedilum sont tous originaires d'Asie du Sud-Est. Leur nom vient de Paphia, nom chypriote d'Aphrodite assimilée à Vénus, et du grec pedilon, la pantoufle. D'où le nom de sabot de Vénus donné généralement à ces orchidées. Le genre fut longtemps appelé Cypripedium, genre dont il s'est détaché en 1886. De nombreuses discussions sur les genres et les espèces continuent toujours d'alimenter la classification... Les Paphiopedilum ont pour habitude de fleurir entre octobre et avril. Leur durée de floraison est très longue. L'utilisation du photopériodisme avec allongement du jour semble inefficace pour modifier ce paramètre. Les hybrideurs tentent d'obtenir des variétés à floraison plus estivale.

Une culture maîtrisée
Dès 1844, les premiers jardiniers avaient judicieusement remarqué que la réussite des semis était conditionnée par l'utilisation de "vieille terre" provenant des plantes-mères. Par la suite, toutes les découvertes concernant les orchidées seront aussitôt mises en pratique ici. Ce sera le cas du phénomène de symbiose avec Rhizoctonia, un champignon indispensable à la germination, découvert en 1899. Les techniques de semis in vitro, mises au point dans les années 1960, bénéficieront à la collection. Le laboratoire in vitro travaille toujours sur des programmes visant à la multiplication végétative (à l'identique) des hybrides obtenus. Dès la sortie du laboratoire, les jeunes plants sont cultivés dans une serre suffisamment chauffée et éclairée. Il faut plusieurs rempotages pour obtenir la floraison qui a lieu, au plus tôt en 5 ans, et parfois au bout de 10 ans de culture seulement.
La culture des Paphiopedilum reste assez proche de celle des Phalaenopsis, avec une floraison qui ne nécessite aucun repos de végétation. Le substrat utilisé ici est un mélange d'écorces et billes d'argile. L'engrais apporté est riche en potassium. Une formule moyenne permet de nourrir l'ensemble des plantes grâce à une pompe doseuse : un engrais dilué est apporté à chaque arrosage en hiver et une fois sur deux en été. L'arrosage reste cependant entièrement manuel, au pot à pot. Les orchidées épiphytes vivent d'air et d'humidité, et ne doivent en aucune façon avoir les pieds dans l'eau. Le recours à la lutte intégrée, qui utilise des insectes antagonistes contre les cochenilles et les thrips, a été adopté avec succès depuis quelques années. Les traitements phytosanitaires n'ont plus lieu d'être que pour des attaques ponctuelles.

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Agnès Guillaumin
Article paru dans Jardins de France
Décembre 2007

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