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L'arrosage des orchidées

L'arrosage des orchidées, un art (C.Secq)Arrosage, art aux sages

« À quelle fréquence dois-je arroser mes orchidées ? »  est certainement la question que tout amateur un peu confirmé a pu s’entendre poser à plusieurs reprises par des amis, des visiteurs d’exposition, sur n’importe quel forum internet !
La question a beau être simple, la réponse ne l’est pas et provoque en général la déception chez son auteur, qui ne reçoit pas une indication limpide (« une fois par semaine » ou « tous les deux jours »). En effet, la réponse dépend d’une multitude de facteurs et que, comme la médecine, l’arrosage des orchidées s’apparent plus à un art qu’à une science exacte. Qui plus est, les orchidées tropicales sont cultivées dans des substrats bien éloignés des terreaux classiques que les jardiniers sont habitués à utiliser, et pour lesquels ils maîtrisent les signes de sécheresse ou de trop plein d’eau. Dans le cas d’une culture des orchidées en écorces de pin, qui est encore le substrat le plus commun pour la majorité des amateurs, les changements entre état sec et état mouillé ne sont pas très marqués visuellement et toucher le surface du pot ne donne aucun indice. Cependant, apprendre à détecter ces signes, et la fréquence et la quantité d’arrosages sont des paramètres essentiels pour la culture, et même la survie des orchidées.
Les besoins en eau dépendent d’une variété de facteurs : température, humidité, type de substrat, taille de la plante, stade de croissance, ensoleillement, ventilation, besoin de période de repos ou non, taille et type de pot. A la lecture de la liste de ces facteurs, il est clair qu’ils vont fluctuer d’une semaine à l’autre en cours d’année en fonction de la météo ou de la croissance des plantes.


ÉCOUTER LES ORCHIDÉES
Il est évident que les informations sur le milieu d’origine des orchidées que l’on cultive auront une valeur cruciale pour les amateurs. Par exemple, de nombreuses espèces de Dendrobium, Catasetum ou Habenaria peuvent non seulement être empêchées de fleurir si elles sont arrosées pendant leur période de repos, mais peuvent aussi voir leurs racines pourrir si elles sont trop arrosées alors qu’elles ont besoin de rester au sec. Cette période de repos est généralement moins essentielle pour les hybrides que pour les espèces, mais malgré tout, elle reste un des paramètres importants pour obtenir des plantes en bonne santé et qui fleurissent régulièrement. D’autres plantes, celles qui poussent dans les forêts tropicales, reçoivent des pluies quasiment chaque jour pendant la saison humide, et très régulièrement tout au long de l’année. Ces précipitations sont très abondantes et durent trente minutes à une heure dans la journée, c’est-à-dire au moins cent fois plus que la durée d’un arrosage chez un amateur ! Les quelques secondes d’arrosage des amateurs permettent à l’eau de ruisseler à travers le compost, mais ne permet pas forcément aux racines d’absorber les quantités d’eau suffisantes, surtout si on cultive en écorces de pin pures et que le substrat est  récent et ne retient que très peu d’eau. D’un autre côté, avec un mélange trop rétensif, l’eau stagnera autour des racines et on prendra le risque d’un étouffement des racines.
Il faut toujours avoir en tête que la plupart des orchidées que nous cultivons sont épiphytes, et que leurs racines ne sont pas enfouies dans le sol, mais courent à la surface des troncs, des branches ou des rochers, parfois simplement protégées dans un tapis de mousse, parfois directement exposées à l’air libre. Elles peuvent absorber directement l’eau des précipitations, mais aussi l’eau qui peut ruisseler de la canopée, ou l’eau des brouillards, fréquents dans les forêts tropicales. Pour reproduire ces conditions d’absorption d’eau, il faudrait tremper les pots dans un évier ou une bassine pendant 10 à 15 minutes. Évidemment, ce n’est pas réalisable pour une grande collection, mais c’est une solution idéale pour les amateurs qui possèdent encore une dizaine de plantes seulement. C’est également la meilleure façon d’arroser les plantes montées sur plaques ou cultivées racines nues. On peut ajouter de l’engrais très dilué à la solution de trempage. Pour les amateurs qui ont trop de plantes pour pouvoir utiliser ce mode d’arrosage, fractionner l’arrosage en deux ou trois fois à quelques minutes d’intervalle permet aux racines d’absorber beaucoup plus d’eau, pour une quantité égale de solution d’arrosage utilisée.
Quelque soit la surface de culture utilisée (serre, appartement, salle de culture, étagères sous éclairage artificiel) les plantes devraient être regroupées selon leurs fréquences d’arrosage pour faciliter le travail du cultivateur !
Par exemple, les plantes matures cultivées dans de grands pots en plastique à la art-o-sage.docxappartement, demandent beaucoup moins d’arrosages que des plantes jeunes, cultivées dans de petits pots en terre cuite sous la chaleur d’un éclairage artificiel. Même dans une serre, il existe plusieurs microclimats, avec des zones plus ou moins éclairées, plus ou moins fraiches et humides.
On l’a dit, peu de signes visuels existent pour décider du moment ou un nouvel arrosage est nécessaire. Par contre, une solution consiste à soulever le pot avant l’arrosage puis quelques minutes après, et à recommencer l’opération tous les jours suivants. Au fur et à mesure, le pot sera de plus en plus léger, et on pourra définir le moment pour arroser. Avec un peu d’habitude, c’est une des techniques les plus efficaces pour décider d’apporter de l’eau.

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David LAFARGE
2011