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Le quinoa, précieux grain des Incas

Contrairement à ce que l'on peut croire, il ne s'agit pas d'une céréale. Le quinoa, Chenopodium quinoa, appartient à la famille des Chénopodiacées, tout comme l'épinard ou la betterave. Nommée aussi « riz du Pérou » ou « ansérine », cette plante herbacée annuelle est cultivée surtout pour ses grains, petits et ronds, d'à peine deux millimètres de diamètre. Pour le peuple inca, c'était la plante sacrée qui symbolisait la fertilité de la terre dans les coutumes ancestrales. Tout comme le maïs, le haricot ou la pomme de terre, elle a largement contribué à l'expansion de cette grande civilisation, baptisée « chisiya mama », ce qui signifie « mère de tous les grains ». L'appellation de « quinoa » vient du quechua, la langue parlée des Incas, ce nom étant apparu dans la langue française au début du XIXe siècle.
Il aura fallu attendre ces dernières années pour que les Européens découvrent cette plante extraordinaire ! Pourtant en Amérique du Sud, au Pérou, en Bolivie, en Equateur, ou encore en Argentine, le quinoa est cultivé depuis plus de cinq mille ans. Cet aliment de base a nourri pendant des siècles les civilisations précolombiennes. Il était encore cultivé lors de l'invasion des Espagnols au XVIe siècle. Mais les conquérants ne l'ont pas ramené de leurs expéditions... sans doute en raison de sa teneur élevée en saponine*, une substance contenue dans l'enveloppe des graines qui leur donne un goût amer. De plus, la farine obtenue ne pouvait pas être employée dans la fabrication du pain.

Une histoire à rebondissements
Même si on ne le connaît que depuis peu en Europe, le quinoa, dans les Andes, est cultivé depuis plusieurs milliers d'années, certainement en même temps que le lama fut domestiqué (plus de 6 000 ans !) Le lama et le quinoa sont ainsi des « amis » de longue date. Cette association est profitable à l'un comme à l'autre : le lama se nourrit des graines, alors que ces dernières apprécient le fumier des animaux pour mieux germer. C'est ainsi certainement que les premiers éleveurs et agriculteurs ont remarqué cette plante vigoureuse, qui poussait vite dans les enclos de leurs animaux domestiques et donnait des récoltes abondantes. Malgré l'importance de cette culture pour la population locale, les Espagnols l'ont longtemps méprisée, au point de l'interdire, au profit des autres céréales comme le blé et l'orge. C'est la raison pour laquelle, pendant plusieurs siècles, les plantations de quinoa ont reculé de plus en plus loin dans les montagnes... loin des sièges de l'administration espagnole. Le système agricole traditionnel était détruit et le quinoa disparaissait peu à peu. Pourtant, pour une grande partie de la population, c'était un aliment incontournable, source précieuse de protéines. C'est le cas encore aujourd'hui pour un grand nombre de familles qui vivent dans l'altiplano sud de la Bolivie. Elles en dépendent entièrement. C'est la raison pour laquelle, il y a une quarantaine d'années, des chercheurs ont déclenché la promotion de cette production.

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Snezana Gerbault
Journaliste
Article paru dans Jardins de France
Octobre 2008

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