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Agapanthus 'Blue Heaven' (La plante du mois)

"Mignonne, allons voir... pourquoi la rose refleurit ?"

En horticulture, la floraison continue est un caractère essentiel et populaire qui a été introduit chez différentes plantes cultivées. Chez le rosier, ce phénotype est dû à la mutation d’un répresseur floral de type TFL1 (TERMINAL FLOWER 1). Les plantes à floraison continue présentent une mutation dans ce gène, mutation due à l’insertion d’un rétro-transposon de type copia. Les rosiers dits ‘Climbing’, sports issus de rosiers à floraison continue, présentent une recombinaison du rétro-transposon et la restauration d’un allèle actif, menant à une faible remontée de floraison. Chez le rosier, ce répresseur floral est sous le contrôle des gibbérellines. Au printemps, chez un rosier non remontant, un faible niveau de GA empêcherait l’accumulation du répresseur et permettrait la floraison. Plus tard dans la saison, le répresseur floral s’accumule, empêchant toute refloraison.
L’allèle portant la floraison continue (copia) aurait été introduit en Europe à partir de rosiers cultivés anciens chinois. La mutation serait apparue en Chine au sein de l’espèce R. chinensis var. spontanea. Nous avons montré une sélection progressive de l’allèle apportant la floraison continue (copia) au cours du XIXe siècle chez les roses européennes.

La remontée de floraison, un caractère complexe

Le contrôle de la floraison est un enjeu majeur en horticulture ornementale, où la valeur d’une plante repose principalement sur sa fleur et sa capacité à fleurir. La floraison a été principalement étudiée chez les plantes monocarpiques (telles que Arabidopsis, le maïs ou le
pois). Le rosier est un modèle intéressant pour étudier la floraison chez les plantes polycarpiques, et plus particulièrement la saisonnalité de floraison.
Chez le rosier, différents modes de floraison existent. Les rosiers sauvages sont principalement non remontants (NR), ils fleurissent uniquement au printemps. Cette floraison est sous le contrôle de facteurs environnementaux (froid, photopériode). Les rosiers remontants (R) ont la capacité à refleurir au cours d’une même année. Parmi les rosiers remontants, on distingue les rosiers à floraison continue, qui fleurissent tant que les conditions environnementales sont favorables (figure 1a). La floraison continue est contrôlée par un gène majeur récessif (RB pour RECURRENT BLOOMING) introduit à partir des rosiers de Chine [1]. Des études physiologiques antérieures avaient montré que l’apport exogène de gibbérellines (GA) au printemps inhibait la floraison des rosiers non remontants, mais était sans eff et sur les rosiers à fl oraison continue [2]. Au niveau moléculaire, chez le rosier, l’induction florale est marquée par l’induction d’un homologue de FT (FLOWERING LOCUS T, une des composantes du florigène), puis de LFY (gène d’identité fl orale) [3]. De plus, on observe également des rosiers qui remontent occasionnellement et faiblement en automne, tels que certaines variétés de R. damascena, R. moschata, R. rugosa ou les mutants de type ‘Climbing’. La remontée de floraison du rosier est donc un caractère quantitatif complexe.

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Fabrice Foucher
CR1, Inra, Institut de Recherche en Horticulture et Semences
Conférence dans le cadre du Colloque scientifique de Rennes 2013

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