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Agapanthus 'Blue Heaven' (La plante du mois)

Le sol de votre potager est-il bon ?

Les sols de jardins, aussi appelés anthroposols hortiques (Rossignol et al., 2008), sont localisés dans des environnements éminemment modifiés par les activités humaines, à l’interface d’usages agricoles, périurbains, urbains et industriels contrastés. Ces sols sont présentés soit comme des sols agricoles gérés de façon très intensive, soit comme des sols urbains à vocation de production végétale (Bechet et al., 2009 ; Schwartz, 2009). Il en résulte des sols à haute fertilité et d’une grande diversité, issus d’une infinité de pratiques de jardinage elles-mêmes définies par des contraintes et des convictions écologiques ou économiques contrastées.

De plus, le constat est très clairement que nos contemporains montrent un engouement croissant pour le jardinage : plus de 12 millions de ménages français, toutes catégories sociales confondues, entretiennent 13,5 millions de jardins. Il faut alors englober sous le terme de sols de jardins, tous les sols supports de la pratique du jardinage sur lesquels les jardiniers produisent des plantes à vocation alimentaire et/ou des végétaux  ornementaux. Néanmoins, quelle que soit la définition retenue, les sols de jardins sont certainement les supports de production alimentaire les moins connus.

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Sols de jardins : supports fertiles d’une agriculture urbaine intensive


Les sols de jardins peuvent être considérés comme des sols agricoles spécifiques ayant très souvent subi une fertilisation ancienne et/ou intense. En général, ils présentent un horizon de surface de 20 à 40 cm d’épaisseur, de couleur sombre. Leur teneur en matières organiques est en moyenne de plus de 4 % en comparaison de celle des sols agricoles cultivés qui varie entre 1 et 3 %. Les sols de jardins présentent, dans 70 % des cas, de très fortes teneurs en éléments nutritifs (e.g. N, P, K) en comparaison des sols agricoles, conséquence d’apports d’éléments nutritifs en général peu justifiés. En moyenne, les apports totaux en engrais azotés-phosphatés et potassiques sont respectivement 3 et 5 fois supérieurs aux besoins des plantes potagères (Buwal-Suisse, 1992 in Girardin, 1994).

À partir de travaux menés en Lorraine, les sols de jardins potagers présentent ainsi, en moyenne, une teneur en phosphore total 10 fois supérieure à celle des terres de grandes cultures, la teneur en phosphore assimilable pouvant au maximum être 100 fois supérieure au seuil de carence pour les végétaux (Schwartz, 1993). La structure des sols de jardins est optimisée par des apports de matériaux et un travail du sol. L’activité biologique des sols est globalement favorisée. En résumé, les propriétés des hortisols sont fortement modifiées par la pratique du jardinage. Ces sols sont le lieu d’une agriculture très intensive, générant des sols à haute fertilité et de grande diversité, en fonction de l’infinité des pratiques (Crößman et Wüsteman, 1992 ; Schwartz, 1993).

Christophe Schwartz
INPL - Inra Nancy
Colloque jardiner autrement 2011
 

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