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La biodiversité : un concept flou ou une réalité scientifique ?

Biodiversité des plantes cultivées (C.Secq)« Biodiversité » sonne maintenant comme un mot usuel, facile à utiliser, plein de sens pour tout un chacun, quel que soit son âge ou sa culture, bref, un mot simple, qui permet de parler de manière non équivoque de l'ensemble de la « diversité biologique ». On l'utilise a priori sans problèmes dans les écoles, les journaux...

Pourtant, à bien y regarder, les choses ne sont pas si simples ; parle-t-on réellement de la même chose quand on s'intéresse à la biodiversité de pommiers, à celle d'un bocage normand, ou encore à celle de l'Amazonie ou de la Nouvelle-Guinée ? Et qu'en est-il quand on parle de la biodiversité dans le cadre du réchauffement climatique ? Un tel changement d'échelle n'obscurcit-il pas la perception des choses ?

Pourquoi un terme si simple a-t-il mis tant de temps à apparaître ? Est-ce que réellement les naturalistes, tel Monsieur Jourdain, étudiaient la biodiversité sans le savoir, ou bien y a-t-il quelque chose de plus secret à décoder ? La réponse est sans doute à chercher dans l'ombre du concept.

Ce que cache la définition de la biodiversité

Thomas E. Lovejoy - un spécialiste de l'Amazonie - semble être le premier à avoir utilisé, en 1980, le terme de « diversité biologique », devenu « biodiversité » par un raccourci, certes plus facile en anglais (biological diversity = biodiversity), forgé par Walter G. Rosen en 19851. En 1988, la XVIIIe assemblée générale de l'Union internationale de conservation de la nature (UICN, aujourd'hui Union mondiale pour la nature) se tient au Costa Rica. Une définition de la biodiversité y est explicitée : « La diversité biologique, ou biodiversité, est la variété et la variabilité de tous les organismes vivants. Ceci inclut la variabilité génétique à l'intérieur des espèces et de leurs populations, la variabilité des espèces et de leurs formes de vie, la diversité des complexes d'espèces associées et de leurs interactions, et celle des processus écologiques qu'ils influencent ou dont ils sont les acteurs [dite diversité écosystémique] ».
Edward O. Wilson (1988), en faisant le compte rendu de cette assemblée, utilise pour la première fois le terme dans une publication scientifique.

Dans une définition plus récente, Edward O. Wilson (2000) laisse entrevoir les difficultés de ce concept : « La biodiversité est la diversité de toutes les formes du vivant. Pour un scientifique, c'est toute la variété du vivant étudiée à trois niveaux : les écosystèmes, les espèces qui composent les écosystèmes et, enfin, les gènes que l'on trouve dans chaque espèce ».

Sans entrer dans une polémique, on peut être étonné de la formulation de Wilson. « Pour un scientifique » et « enfin les gènes » sont deux occurrences qui pourraient permettre d'entendre subjectivement une certaine réticence de Wilson à populariser le concept, même si ce n'est vraisemblablement pas ici son idée avouée.
« Pour un scientifique... » en dit long : cela sous-entend bien qu'il n'y a pas que les scientifiques à en parler, et que, peut être, les « non-scientifiques » ont été les premiers à l'utiliser. Quant à « enfin les gènes... », l'expression paraît dénoter une lassitude devant une telle énumération. Ainsi la biodiversité se trouvera définie à trois niveaux. Si on les prend d'un point de vue historique et non d'un point de vue systémique, ils apparaissent aisément.

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Hervé Le Guyader
UMR Systématique, adaptation, évolution
Université Pierre et Marie Curie à Paris

Colloque scientifique de la SNHF. Mai 2008

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