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Agapanthus 'Blue Heaven' (La plante du mois)

Jardine avec Bottine et ses amis. de 3 à 11 ans

Le végétal en ville, un régulateur de climat ?

Portrait de Marjorie MusyMarjorie Musy
CERMA (Centre de recherche méthodologique d’architecture) Nantes
Colloque "Jardins, environnement et santé" 2009

L’îlot de chaleur, nouveau contexte climatique urbain

On appelle phénomène d’îlot de chaleur urbain l’observation de fortes différences entre les températures mesurées en site urbain et celles des campagnes environnantes. En effet, l’évolution spatiale de la température révèle au niveau de certaines agglomérations un pic semblable à un « îlot ». La forme de l’évolution de température observée est fortement corrélée à la variation de densité urbaine.

L’évolution des températures en milieu urbain connaît une augmentation d’année en année qui coïncide avec l’intensification de l’urbanisation. Ainsi, des mesures effectuées au centre-ville de Los Angeles montrent une augmentation d’environ 2,5 °C entre 1920 et 1997.

L’urbanisation nous conduit ainsi à des situations problématiques liées à la chaleur, à la pollution ou aux nuisances sonores dans les grands centres urbains. Elles ont parfois des conséquences dramatiques, comme celles de la canicule de l’été 2003 qui a entraîné un surcroît de mortalité estimé à 70 000 morts en Europe, dont 20 000 en France.

Le secteur du bâtiment représente une part importante de la consommation énergétique globale (40,4% chiffres de 2002 pour l’UE) et de la production de CO2 (33 %). Le conditionnement des espaces habités représente à lui seul 57% de cette demande énergétique et est une des principales sources anthropiques responsables des phénomènes d’îlots de chaleur et de la pauvre qualité environnementale des espaces habités urbains.

Dans ce contexte où il est admis que les villes doivent se densifier pour éviter les conséquences liées à l’étalement urbain (consommation d’espace et de transports), où les effets bénéfiques de la végétation sont connus, au moins du point de vue qualitatif, il devient primordial de mieux évaluer ces effets et d’en tirer profit.

Quelque soit son statut (public ou privé), sa fonction (architecturale, récréative, esthétique…), la végétation urbaine modifie les ambiances physiques (lumière, chaleur, vent, son, humidité) ainsi que la perception et l’appropriation qu’ont les usagers des espaces urbains. Nous traiterons ici des effets physiques et plus précisément des effets climatiques. La végétation modifie par ailleurs les ambiances sonores.

Végétation siège de phénomènes physiques

Arbres, arbustes et aménagements de plantes grimpantes réduisent la vitesse du vent en offrant une résistance au déplacement de l'air. Ils sont utilisés pour canaliser les écoulements, créer des zones d'accalmie, et dans certains climats pour bloquer les vents chauds et chargés de poussières.

La présence de végétation modifie le rayonnement solaire, la température, l'humidité de l'air. Les feuilles absorbent une grande quantité du rayonnement solaire incident. Une petite partie de ce rayonnement est utilisée pour la réaction chimique de photosynthèse, une autre, importante, pour l’évaporation de l’eau des feuilles exposées au soleil. L’évaporation refroidit les feuilles et l’air qui est en contact avec ces feuilles.

La température de la surface végétale dépend de la quantité d’énergie incidente, des espèces, de la disponibilité en eau des feuilles. De nombreuses études par imagerie infrarouge ont été réalisées pour évaluer ces températures. Les auteurs s’accordent à donner des écarts de température entre l’air et le feuillage variant entre -2°C et +2°C.

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