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Agapanthus 'Blue Heaven' (La plante du mois)

Jardine avec Bottine et ses amis. de 3 Ă  11 ans

Interaction sol-plante-microorganismes

Le sol n’est pas simplement le support dans lequel les plantes s’enracinent et puisent les éléments nutritifs indispensables à leur développement. Il est surtout un milieu vivant qui héberge de très nombreux microorganismes procaryotes et eucaryotes. Les communautés microbiennes telluriques, qui jouent un rôle primordial dans les cycles biogéochimiques du carbone, de l’azote et d’autres éléments, exercent également des effets bénéfiques ou délétères sur la croissance et la santé des plantes.

La rhizosphère, définie comme le volume de sol soumis à l’influence de la racine, est une zone d’intense activité microbienne. En effet, la plante, via les exsudats racinaires, met à disposition de la microflore des substrats, sucres et acides aminés, qui favorisent le développement des microorganismes, qu’ils soient pathogènes ou bénéfiques. Les interactions complexes entre ces populations microbiennes et le sol déterminent la santé du sol (soil health) qui est plus ou moins propice à la culture de certaines plantes.

Des travaux déjà anciens ont permis de définir les concepts de potentiel infectieux et de résistance des sols aux maladies d’origine tellurique et nous disposons de méthodes expérimentales permettant de mesurer le niveau de potentiel infectieux ou de résistance d’un sol ou d’un substrat de culture. Ces informations sont utiles à l’horticulteur qui doit tenter de limiter l’activité des microorganismes pathogènes et de favoriser l’activité des microorganismes utiles.

Parmi les microorganismes bénéfiques les champignons mycorhizogènes, qui entretiennent des relations très intimes avec la plante, d’une part apportent à la plante des éléments nutritifs, essentiellement le phosphore, utiles à sa croissance, et d’autre part renforcent ses défenses naturelles vis-à-vis de stress d’origine biotique ou abiotique. Plusieurs préparations homologuées sont actuellement disponibles. D’autres microorganismes, en particulier les bactéries du genre Pseudomonas qualifiées de « PGPR », sont également capables de stimuler la croissance des plantes et de s’opposer à l’activité d’agents pathogènes.

Pendant de nombreuses années, la lutte contre les organismes pathogènes d’origine tellurique a fait appel à la désinfection des sols, par emploi de molécules biocides, telles que le bromure de méthyle, extrêmement dangereuses pour l’homme et l’environnement. Aujourd’hui, ces molécules étant heureusement interdites, l’objectif est de contrôler les équilibres microbiens dans la rhizosphère grâce à des pratiques culturales adaptées. L’apport d’amendements organiques compostés peut se révéler extrêmement bénéfique pour limiter l’incidence de certaines maladies. L’emploi d’agents de lutte biologique appartenant aux genres Trichoderma spp. Bacillus ou Pseudomonas est encore limité mais tend à se développer et les cultures horticoles en pot sont particulièrement propices à leur usage.

Le sol est aujourd’hui considéré comme une ressource vitale, non renouvelable, qu’il convient donc de préserver. Bien que l’horticulture fasse appel à des supports de culture autres que le sol, l’essentiel des méthodes développées pour assurer la santé des sols s’applique aux substrats horticoles et il convient de tout mettre en œuvre pour limiter l’emploi d’intrants chimiques de synthèse et préserver les ressources naturelles telles que les tourbes.

Portrait de Claude AlabouvetteClaude Alabouvette
UMR 1229 INRA Université de Bourgogne
Colloque "Jardins, environnement et santé" 2009