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Agapanthus 'Blue Heaven' (La plante du mois)

Jardine avec Bottine et ses amis. de 3 à 11 ans

Jardins et maladie d'Alzheimer

La maladie d’Alzheimer concerne près de 800 000 personnes à l’heure actuelle en France. Le principal facteur de risque est l’âge. Redoutée, ses représentations sociales sont très négatives, elle «cristallise toutes les peurs liées au vieillissement» (Gallez, rapport de l’OPEPS 2005). Les signes précurseurs concernent les fonctions dites cognitives : mémoire, langage, reconnaissance des objets, des visages, réalisation des gestes, mais aussi jugement, critique, capacité d’organisation... Des signes psycho-comportementaux, apathie ou au contraire, agitation, anxiété, dépression, hallucinations, troubles du sommeil, s’y associent très fréquemment… L’entourage joue un rôle essentiel auprès des malades, apportant aide etsoutien pour faire face à la vie quotidienne. À l’heure actuelle, si des thérapeutiques médicamenteuses existent, nous ne disposons pas de traitement curatif. Face aux multiples facettes de la maladie, des soins diversifiés et des approches non médicamenteuses sont nécessaires pour prendre en compte les dimensions neurologiques, sociales, familiales, de cette affection redoutable.

L’effet bénéfique de la présence de jardins en milieu hospitalier sur des populations très diverses a été rapporté dans différents travaux :

Ainsi, sur plus de 140 personnes, venues dans un hôpital, consultants ou accompagnants, 95% d’entre elles décrivent un effet apaisant des espaces verts. Les soignants expriment que les jardins et espaces verts hospitaliers leur permettent de diminuer anxiété, stress et humeur dépressive. Les patients, surtout ceux atteints de maladies chroniques, qui fréquentent régulièrement les hôpitaux, apprécient eux aussi leurs espaces verts. Le jardin et les zones fleuries notamment, représentent aussi un repère efficace pour se diriger au sein d’un bâtiment fonctionnel, uniforme. Ainsi, tant les usagers que les professionnels expriment-ils leur satisfaction au travers des différentes enquêtes rapportéesdans la littérature.

Plus étonnant peut-être, l’effet de la simple vue d’un environnement naturel est aussi attesté : dans un bureau, une salle de réunion, pouvoir observer un paysage naturel par la fenêtre améliore la qualité de vie ressentie durant le temps de travail, atténue les sentiments d’angoisse, souvent éprouvés dans un hôpital qui, malgré toute sa volonté de soins, est un lieu impersonnel, parfois ressenti comme hostile. D’autres impacts positifs sur les soins liés à l’environnement ont été établis. Sur une petite cohorte, en milieu chirurgical, après cholécystectomie, une durée d’hospitalisation plus brève et une moindre consommation d’antalgiques sont observées chez les patients dont la chambre a vue sur un espace vert ; ceux-ci expriment des commentaires analysés à travers les transmissions infirmières, moins négatifs sur leur état de santé. En soins intensifs de chirurgie cardiaque, sur 160 patients, quatre types de posters installés dans les chambres ont été comparés : deux paysages naturels, une forêt d’arbres et un sous-bois assez sombre, une peinture abstraite, un mur nu. La vue des arbres apparaît comme la plus bénéfique avec, là encore, diminution de l’anxiété et des doses d’antalgiques consommés. En unité de soins de longue durée, les soins de toilette aux stades sévères de la maladie d’Alzheimer se déroulent mieux, le comportement du patient est mieux adapté si le résident peut écouter les bruits de la nature et si la salle de bain est décorée avec des reproductions de paysages.

Outre cet impact bénéfique, aux champs d’application divers, des jardins, d’un environnement naturel, parfois même de sa simple représentation sans doute par les évocations qu’elle suscite, au cours de la maladie d’Alzheimer, des objectifs à visée thérapeutique spécifique peuvent être développés à travers un jardin.

«Si vous possédez une bibliothèque et un jardin vous avez tout ce qu’il vous faut» Cicéron

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Portrait du Dr Thérèse JonveauxDr. Thérèse Jonveaux, Dr. Reinhard Fescharek
CHU de Nancy, Centre Paul Spillmann
Colloque "Jardins, environnement et santé" 2009

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