Apprenez à jardiner dans le respect de votre environnement, un site de la SNHF

Agapanthus 'Blue Heaven' (La plante du mois)

Jardine avec Bottine et ses amis. de 3 à 11 ans

La compétition plantes cultivées - adventices

Les Prés Culands à Meung sur Loire (C.Secq)La nature attire par les sentiments positifs qu’elle inspire ; se mêlent de multiples impressions, soit reposantes (calme apte à faire oublier l’oppression urbaine), soit esthétiques (beauté des paysages sauvages)… Nombreux sont ceux qui recherchent, et j’en suis, cet apaisement, cette plénitude. Mais qui réalise combien cette image est virtuelle ? Elle s’approche plus de la vérité absolue, du mode ultime des phénomènes : équilibre global faisant la synthèse d’une foule de déséquilibres.
A l’opposé, l’approche du scientifique, de l’écologue, qui essaie d’analyser et de comprendre comment fonctionne cette nature qui nous a créés : l’étude des phénomènes, la recherche de la vérité relative. Or toutes les expériences qui décrivent les relations entre les végétaux ramènent inéluctablement au sujet abordé ici : la compétition impitoyable qui y règne.

Pourquoi ces deux constats ? Simplement parce qu’en créant un parc ou un jardin – en dehors du rôle alimentaire, à qui chaque jardinier fait une place variable – l’homme cherche à retrouver, à proximité de ses lieux de vie, le regard idyllique que la nature lui inspire. Et pour cela, il modèle une image artificielle, sans se rendre compte qu’il détruit ce faisant la vraie nature ; il maintient un écosystème en déséquilibre savamment entretenu ; il s’applique à dominer chacun des phénomènes… Il n’y a, dans un jardin, ni vraie nature, ni vraie biodiversité : tout juste une biodiversité « domestique ».

Pour s’approcher de la nature dans un tel système anthropisé, il faut changer d’échelle, s’approcher du sol et analyser la vie de celles qui occupent une part importante de l’emploi du temps du jardinier : les mauvaises herbes (et plus bas encore, les microorganismes). Ces pionnières, caractéristiques des milieux perturbés, tentent de survivre et paient – comme tous les végétaux, à tous les niveaux des successions végétales – un lourd tribu : taux de mortalité de l’ordre de 99%, que le jardinier ou l’agriculteur essaient de relever vers 100%. Quel autre mot peut décrire l’intensité de cette lutte, parfois fratricide, pour la survie, que le mot GUERRE ?

TELECHARGER L'ARTICLE EN PDF

Portrait de Philippe Jauzein INRA GrignonPhilippe Jauzein
INRA Grignon
Colloque scientifique de la SNHF. Mai 2008