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Réchauffement climatique : des floraisons plus précoces

Etablissements Plan (C.Secq)Le réchauffement climatique perturbe-t-il la floraison des plantes ? Une question dont la réponse fait l'unanimité des chercheurs, pépiniéristes, botanistes, jardiniers... En effet, depuis plusieurs années déjà, un bon nombre d'entre eux ont pu observer la floraison de plus en plus précoce de nombreuses espèces végétales. Un phénomène passager, ou déjà "ancré" dans la "mémoire" du végétal ? D'autres études devraient compléter ces observations faites notamment à Kew en Grande-Bretagne...

Nous avons tous remarqué la douceur de certains printemps, plus fleuris et plus chauds que par le passé. Les bourgeons d'arbres fruitiers, de jonquilles, de perceneiges ou de lilas pointent leur nez et s'ouvrent plus tôt que prévu ! En France, la température moyenne a augmenté de 0,7 °C en un siècle, et les années 1990 ont affiché des températures record, les plus élevées depuis l'an mil. Mais ce n'est pas tout. Le constat est alarmant. Le GIEC, Groupement intergouvernemental sur l'évolution du climat, dans son dernier compte-rendu publié le 16 novembre 2007 (quatrième rapport, "Climate Change 2007"), prévoit une hausse de la température moyenne mondiale de près de 4 °C (entre 1,5 et 6 °C) d'ici 2100 si rien n'est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Même si ces rejets se stabilisent, le réchauffement pourrait atteindre 2 °C. Au fil d'une évolution millénaire, les végétaux ont développé leurs capacités d'adaptation, notamment concernant leur floraison qui peut varier en fonction de facteurs extérieurs, température ou luminosité notamment. Le climat est en train d'évoluer et les plantes réagissent à ces variations climatiques. Quelles en seront les conséquences ?

Un demi-siècle d'observations
Plus d'un demi-siècle d'observations menées aux Royal Botanic Gardens de Kew, près de Londres, dresse un premier bilan des effets du réchauffement climatique sur la floraison et la reproduction des plantes. Un botaniste passionné, aujourd'hui octogénaire, serait à l'origine de cette étude : Nigel Hepper a collecté méticuleusement, durant plus de 50 ans de sa carrière, les informations relatives à la floraison des plantes qui prospèrent dans les 132 ha des jardins de Kew. Grâce à son obstination, ses relevés constituent aujourd'hui la base d'un programme de recherche mené par cet établissement réputé. Nigel Hepper a relevé les données concernant la floraison de plus de 700 espèces. Dans ses cahiers précieux, sorte de "garden diaries", figurent la date, le nom latin, la localisation dans le jardin, le moment de floraison et la température pour chaque espèce indiquée. On y constate, par exemple, que l'Anemone nemorosa fleurit 20 jours plus tôt qu'il y a trente ans, et que la jacinthe des bois envahit les sous-bois de Kew de plus en plus tôt au printemps. On constate également qu'on peut faire pousser en extérieur, dans le jardin, près de 30 % d'espèces en plus que dans les années 1960. Les variations de floraison existent aussi au sein d'une même espèce, et certaines plantes peuvent même fleurir deux fois, à l'instar de Viburnum bodnantense.

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Snezana Gerbault
Article paru dans Jardins de France
juillet 2008

 

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