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Caractérisation et intérêt de la biodiversité pour la création variétale chez les rosacées fruitières

PommierUn inventaire du patrimoine fruitier français a été mis en chantier en 1998 par « l’Association Danone pour les fruits » (collectif, Association Danone pour les fruits, 2001). Limité à la France métropolitaine, ce recensement a porté sur les espèces suivantes : abricotier, agrumes, amandier, cerisier, châtaignier, cognassier, figuier, néflier, noisetier, noyer, olivier, pêcher, poirier, pommier, prunier, sorbier (cormier), diverses espèces  méditerranéennes ainsi que fraisier et melon.

Cet inventaire, qui a permis de découvrir la réalité nationale du mouvement en faveur de la protection du patrimoine sous un angle nouveau, précis et rationnel, a mis en évidence :

- 359 acteurs, répartis sur l’ensemble de la France,

- 253 collections conservatoires ex situ qui rassemblent le matériel végétal pour le protéger, l’étudier voire l’utiliser,

- près de 39000 accessions présentes dans ces collections pour les 21 espèces prises en compte dans cette étude,

- 170 actions complémentaires à la protection du patrimoine fruitier, formées de 20 vergers éclatés, 22 actions de prospections pures, 45 projets auxquels s’ajoutent 83 actions de valorisation dont l’inventaire n’a pas été exhaustif.

Œuvre originale et exemplaire, l’inventaire du patrimoine fruitier français a été une étape majeure dans la démarche de protection de ce patrimoine qui a permis d’actualiser les connaissances et de mettre en valeur l’ampleur du travail réalisé à partir de 1980. Cette première phase a permis de découvrir et de faire connaître les progrès et les limites de la sauvegarde du patrimoine fruitier de la France métropolitaine et de mettre en exergue la complexité de la situation.

Cet état des lieux a été réalisé dans un souci d’exhaustivité sur la période d’analyse considérée (1998-2001) – voir www.patrimoinefruitier.org. Il reste nécessairement évolutif et devrait être mis à jour régulièrement tant sur le plan du matériel végétal en collection que des nouveaux projets initiés, ce qui malheureusement n’a pu se faire que partiellement jusqu’à aujourd’hui.

L’Union Pomologique de l’Association Française pour la Conservation des Espèces Végétales (AFCEV) a pris la succession de « l’Association Danone pour les fruits » en janvier 2002. Il reste à poursuivre la description du matériel conservé, son identification précise, la détection des doublons… Les acteurs, passionnés, réalisent un travail admirable ; cependant, le manque de reconnaissance officielle de ces actions de sauvegarde du patrimoine fruitier, fragilise ces collections. Il faut toutefois signaler l’aide apportée par les collectivités à certaines de ces structures dont le Conservatoire Végétal Régional d’Aquitaine, le Centre des Ressources Génétiques du Nord Pas de Calais, le Conservatoire Régional d’Espèces Fruitières Anciennes et de Vigne du Tarn, le Centre de Ressources Génétiques du Berry. Ce dispositif devrait promouvoir une stratégie territoriale de conservation des variétés fruitières de pays et éviter de les disperser hors de leur terroir.

L’étude de ce matériel fruitier se met progressivement en place grâce à une structuration en réseau, avec le concours du BRG (Bureau des Ressources Génétiques – regroupé depuis début 2008 avec l’Institut Français de la Biodiversité (IFB) dans la nouvelle Fondation Française pour la Recherche sur la Biodiversité), de l’INRA, de l’Union Pomologique de l’AFCEV, des conservatoires régionaux de ressources génétiques et de nombreuses associations telles que ‘Les Croqueurs de Pommes’. La caractérisation de ce patrimoine doit permettre de préciser la diversité génétique pour des caractères relatifs à la qualité des fruits, la résistance aux bio-agresseurs, l’architecture de l’arbre… « Le dispositif français de gestion des ressources génétiques est confronté à un nouveau challenge : élargir et formaliser ses partenariats pour organiser collectivement la connaissance régionale et locale du patrimoine génétique végétal français » (A. Sontot - La lettre du BRG, janvier 2008).

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Yves Lespinasse
INRA Angers

Colloque scientifique de la SNHF. Mai 2008