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Agapanthus 'Blue Heaven' (La plante du mois)

Jardine avec Bottine et ses amis. de 3 à 11 ans

Le rôle social des jardins collectifs

Le lien entre les jardins familiaux et les quartiers d’habitat social est très ancien et très fort, de par l’histoire du mouvement mais aussi par le public visé. Toutefois, la notion de parcelle en cœur de quartier est quelque chose de récent dans l’histoire centenaire du mouvement des jardins familiaux. Autrefois installés le plus souvent en zone périurbaine, les jardins ont changé d’implantation géographique pour s’insérer depuis une quinzaine d’années dans le tissu urbain, souvent à l’intérieur de coulées vertes et, depuis sept à huit ans, au cœur des quartiers d’habitat social.

Le lien social
Le lien social désigne l'ensemble des relations qui unissent des individus faisant partie d'un même groupe social et/ou qui établissent des règles sociales entre individus ou groupes sociaux différents.

Le rôle social
Modèles spécifiques à une fonction ou à une position dans une collectivité.
Source : G.Rocher, (1992). Introduction à la sociologie générale. Montréal, Hurtubise HMH, P.

Le jardin a-t-il un rôle social ?

Historiquement bien sûr, quand on sait que Lemire, prêtre et député, créa la Ligue du Coin de Terre et du Foyer le 21 octobre 1896 pour développer le concept de jardins ouvriers, permettre aux hommes de quitter les estaminets et l’alcool où ils laissaient leur paye, et accéder à un jardin qui serait à la fois salvateur pour le jardinier, à l’écart de l’alcool et source de production pour la famille.

Les dirigeants de la Ligue se sont rapprochés des responsables de sociétés d’habitations bon marché (H.B.M.) qui étaient porteurs des mêmes thèmes que la Ligue : « hygiénisme, défense sociale, mythes anti-urbains et désir de retour à la terre ». En 1916, le ministre de l’Agriculture charge la Ligue de distribuer une subvention d’État destinée à encourager la création et l’extension de jardins potagers. L’utilité alimentaire du jardin ouvrier est reconnue par les pouvoirs publics, soucieux de résoudre les problèmes de ravitaillement consécutifs au conflit mondial. La subvention était rétrocédée aux jardiniers sous forme de semences et d’outils. En 1939, les pouvoirs publics font appel à la Ligue pour développer les jardins potagers, encourager les nouveaux jardiniers et coordonner les initiatives.

Marguerite Yourcenar dans son ouvrage Quoi ? l’Éternité (Gallimard, 1988), décrit ainsi l’abbé Lemire, un ami de son père, en 1918 : « Ce fils de paysan trace son sillon avec la lenteur obstinée de ceux qui ont labouré la terre. Ses jardins ouvriers, détestés du patronat, n’ont pas pour seul but d’offrir au salarié des villes un peu plus d’air pur, une aide alimentaire contre la cherté de la vie, mais une sorte de réhabilitation par le contact avec le sol. »


Les jardins ont-ils toujours ce rôle social ?

Le public accueilli
Il est très divers : hommes, femmes, handicapés, enfants, personnes issues de la diversité française. Ces personnes peuvent être des salariés, cadres, professions libérales, ouvriers, chômeurs, RMI, retraités. Les demandes de jardins sont faites par les personnes elles-mêmes, mais elles sont orientées parfois par les CCAS, les centres sociaux ou les MDR.

Par ailleurs, les associations de Jardins Familiaux depuis plusieurs années se sont ouvertes sur les villes et ont diversifié leurs actions.

Ainsi nous trouvons au sein de nos structures :

- des parcelles individuelles : chacun a plaisir à cultiverson espace mais dans un souci d’échanges de pratiques, de conseils, de dons de plants les plus divers, de recettes et d’entraide. Il n’est pas rare de voir une personne bêcher la parcelle du voisin malade, arroser celle de l’autre absent, donner des légumes à celui ou celle dans le besoin.

- des parcelles partagées : jardin de la solidarité. Cette action consiste, en relation avec le centre social du quartier, à mettre une parcelle de jardin à disposition de quatre personnes en difficulté sociale.
Cultiver, entretenir et récolter ensemble leur a permis de se stimuler, de rompre l’isolement, de retrouver une place dans un cadre associatif et un complément alimentaire non négligeable.

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Bernard Justet
Cadre supérieur de Santé, secrétaire général et délégué régional de la Fédération Nationale des Jardins Familiaux et Collectifs, président des Jardins Familiaux du Fort de Bron
Conférence dans le cadre des journées à thème "Jardins, environnement et santé" Lyon 2010

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