Apprenez à jardiner dans le respect de votre environnement, un site de la SNHF

Agapanthus 'Blue Heaven' (La plante du mois)

Jardine avec Bottine et ses amis. de 3 à 11 ans

L'intérêt des toitures végétales

La végétalisation de toiture, c’est la création de nouvelles surfaces naturelles dans la ville

La santé dans un environnement sain

Plusieurs facteurs justifient que l’on porte un intérêt particulier aux végétalisations extensives de toiture :
- Aujourd’hui les surfaces naturelles en milieux urbain se raréfient
- Nos voisins européens se sont investis dans le domaine de la végétalisation des toits depuis plus de 20 ans

Augmentation des surfaces « vertes »

Une augmentation de la superficie disponible en espace de nature sauvage ou non, accessible ou non est un avantage dans les villes.
Des effets bénéfiques sur le climat, les microclimats, l’hygrométrie, et donc sur la santé et le bien-être des habitants. La végétalisation de toiture permet de récupérer une partie de la surface perdue, à cause de l’occupation du sol par le bâtiment, par les espaces verts.

Les avantages environnementaux

Biodiversité
La reconstitution d’un maillage écologique et de corridors, qui permet la circulation au sein des villes des espèces animales et végétales, les flux des gènes (par le biais du pollen) indispensables à la survie des espèces et à leur adaptation au milieu. La vie sauvage retrouve des habitats, des équilibres naturels se recréent. Sur les terrasses extensivement végétalisées, les plantes les plus adaptées sont les plantes de milieux secs et oligotrophes qui sont justement menacées de disparition à cause de l’eutrophisation générale des milieux. Les cortèges faunistiques associés trouvent ainsi des îlots où leur survie est possible. On peut également associer un rucher à la toiture végétalisée, ce qui permet notamment la réintroduction des abeilles en ville, indispensables à la pollinisation des végétaux.


Qualité des eaux de ruissellement :
Un impact très positif sur l’eau avec une filtration et une épuration biologique des eaux de pluies (avec par exemple des métaux lourds dans le substrat…)


Absorption du CO2 et des pollutions atmosphériques :
La fixation des poussières atmosphériques est permise par l’évapotranspiration qui est engendrée par les terrasses plantées. Cela élève l’humidité de l’air et favorise donc la formation de rosée, indispensable à la fixation des poussières et des pollens en suspension dans l’air. Les particules de plomb, de carbone, les matières organiques particulaires ou de faible densité sont fixées dans le substrat ou nourrissent les bactéries, plantes et insectes qui s’y développent.

On peut donc noter une amélioration de la qualité de l’air (hygrométrie, poussières, toxiques). La végétation supplémentaire apportée par les toits végétaux crée un apport d'oxygène dans les villes tout en filtrant bon nombre de polluants atmosphériques tels le dioxyde de soufre ou l'oxyde d'azote et en absorbant du CO et CO2. De plus, les végétaux retiennent la poussière et réduisent la quantité de particules en suspension dans l'air (smog urbain).

Réduction de l’effet d’îlot thermique urbain :
Le réchauffement excessif des toitures, du béton, de l'asphalte des rues et de la maçonnerie extérieure des murs réchauffe l'air environnant de quelques degrés supplémentaires, la réduction des surfaces d’évapotranspiration, l’absence d’ombrage, le moindre rafraichissement par les vents circulants en raison de l’écran formé par les immeubles, le dégagement de gaz des véhicules motorisés, les usines sont autant de facteurs qui créent une chaleur supplémentaire. Il en résulte que la température atmosphérique de la ville peut être nettement plus élevée que celle de la campagne. Par ailleurs les températures plus élevées sont susceptibles d’augmenter le risque de formation de gaz à effet de serre. En termes humains cela se traduit par un stress lié à la chaleur, un manque de bien-être, des troubles respiratoires et de circulation sanguine.

Au Canada, la température estivale moyenne dans les villes a augmenté durant les dix dernières années ajoutant encore à l'inconfort et aux malaises dus à la chaleur. Selon une étude du Ministère canadien de l'Environnement, la présence de toitures vertes sur seulement 6 % des toits des villes canadiennes ferait descendre la température d'environ 1,5°C et ferait ainsi économiser près de 5 % des coûts de climatisation dans tous les immeubles climatisés des villes.

Gestion des eaux pluviales :
Une régulation des débits hydriques. Les toitures représentent jusqu'à 20 % des surfaces de nos villes. Les eaux de pluies qui tombent sur les toits sont ensuite acheminées vers les égouts pluviaux. Ceci surcharge les égouts et les stations d'épuration d'eau tout en causant parfois des inondations de sous-sols. À l’image d’une éponge, la toiture végétalisée accumule l’eau dont une partie est utilisée par les plantes, une autre est évaporée et une autre évacuée par les canalisations avec un retard favorisant le bon écoulement. Les toitures et terrasses plantées, par leur capacité de rétention, d’évaporation et de relargage différé des eaux de pluies contribuent à lutter contre les effets néfastes de l’imperméabilisation des sols, à savoir : augmentation constante des débits de pointe, engorgement des réseaux d’assainissement en période crue, afflux de pollutions métalliques, organiques après les orages... Annuellement, un toit végétal pourrait absorber jusqu'à 50 % de la quantité d'eau tombant sur les toits, permettant ainsi une réduction des coûts de traitement de l'eau de 5 à 10 %.

Les avantages sociaux

La santé publique : De nombreuses études démontrent que le manque d’espaces verts de proximité dans les villes engendrent de nombreux problèmes
Plante & cité démarre une recherche bibliographique d’envergure sur ce sujet

Le stress au travail : Dans des immeubles d’entreprise « open space » les salariés avec un visuel sur les toits végétalisés se retrouvent moins stressé, avec un faible taux d’absentéisme pour  maladie, et une meilleure assiduité au travail

La climatisation et le chauffage étant moins ou pas utilisés, la qualité de l’air intérieur des bâtiments est meilleure

Le toit végétalisé devient un lieu de relaxation de loisir, de communication, d’expression, de lien social…

On ne sauvera pas la planête avec des "pensées" mais avec des fleurs (Violaceae)

Philippe PEIGER
Paysagiste Pépiniériste Producteur poseur de végétalisation de toiture « JARDIN de JADE »
Référant UNEP Végétalisation de toiture
Membre de Plante & cité, comité de pilotage, Référant Groupe Biodiversité Végétalisation de toiture Tramway Talus
Membre du groupe français pour l’écriture de Normes Européennes
Conférencier et formateur (TECOMAH, Init Environnement, Jardinier de France, CNFPT, SNHF, Eco bat, Batir écologique, Assise de l’immobilier…)
Conférence dans le cadre des journées à thème "Jardins, environnement et santé" Paris 2010