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Agapanthus 'Blue Heaven' (La plante du mois)

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Les plantes pièges et la lutte contre les nématodes à galles

Les nématodes parasites de plantes sont des vers microscopiques munis d’un stylet buccal servant à perforer les tissus du végétal hôte. Ils occasionnent des pertes agronomiques annuelles de plusieurs dizaines de milliards d’euros dans le monde entier (un tiers des pertes attribuées aux parasites et maladies !).

Les espèces causant les plus gros dégâts appartiennent au genre Meloidogyne (anguillule ou nématode à galles des racines). Ce sont des endoparasites sédentaires : la larve fraîchement éclose pénètre entièrement dans la racine et y accomplit l’ensemble de son cycle.

Seuls les œufs sont émis à l’extérieur de la racine.

En induisant leurs sites nourriciers dans les racines, ces vers provoquent la formation de galles typiques de l'infection. En cas d’infestation forte, les galles peuvent envahir tout le système racinaire, perturbant l’absorption hydrique et minérale de la plante qui peut dépérir rapidement. De plus, ils provoquent des lésions racinaires qui favorisent d'autres pathogènes telluriques, fongiques ou bactériens.

Ces Meloidogyne parasitent plus de 5500 espèces végétales (grandes cultures, plantes maraîchères, florales, fruitières…) (Blok et al., 2008), sont le plus largement répandues sur le globe (zones intertropicales, régions tempérées chaudes et même nord de l'Europe) et constituent un grave problème phytosanitaire mondialement répandu. Dans le sud de la France en particulier, les jardins potagers et d’agrément comme les exploitations maraîchères sont fortement touchés.Du fait des restrictions d’emploi des nématicides chimiques, le problème est en recrudescence et risque de devenir dramatique dans les années à venir. De plus, la polyphagie des nématodes fait qu'il est très difficile de trouver des plantes réellement non hôtes.

Ce contexte entraîne une recrudescence des programmes de sélection prenant en considération la résistance des plantes aux nématodes chez les semenciers et oriente la recherche vers la gestion des rotations introduisant des plantes « de coupure » ou des plantes « pièges » permettant d’améliorer l’état sanitaire du sol en réduisant son taux d’infestation (Djian-Caporalino, 2008).

On peut considérer 3 types de plantes « pièges » contre les nématodes à galles.

Les plantes « pièges » sensibles

Ce sont des plantes qui vont attirer les nématodes et qu’on éliminera ou détruira avant qu’ils n’aient accompli leur cycle de développement. On se base sur le fait que ce sont des endoparasites sédentaires, donc que les larves qui ont pénétré dans les racines et ont commencé à grossir ne peuvent ressortir. L’utilisation de telles plantes nécessite néanmoins un contrôle continu des racines ou un enregistrement des températures du sol pour être sûr d’éliminer la plante « piège » sensible avant que le nématode ait pu produire sesœufs à l’extérieur de la racine, c'est-à-dire en 3 semaines environ en été. En hiver, les températures froides n’étant pas favorables à leur développement, ce cycle peut durer au moins 3 mois ce qui peut permettre de cultiver des plantes à cycle de développement court (inférieur à la durée du cycle du nématode).

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Portrait de Mme CaporallinoCaroline Djian-Caporalino
INRA, Sophia-Antipolis
Colloque "Jardins, environnement et santé" 2009