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La processionnaire du pin

Processionnaire sur Cèdre de l'Himalaya (D.Lejeune)La processionnaire du pin, Thaumetopoea pityocampa (DEN. & SCHIFF.) (Lepidoptera notodontidae), est un insecte défoliateur appartenant à un complexe d’espèces se rencontrant dans la plupart des pays du pourtour méditerranéen et du littoral atlantique. Du fait de son développement larvaire hivernal, la dynamique des populations, le développement phénologique et l’aire de distribution de cet insecte ravageur sont particulièrement sensibles à l’évolution des températures. Au cours de ces dernières années, plusieurs facteurs sont responsables de l’extension des problèmes d’ordre économique et sanitaire posés par ce lépidoptère. La lutte contre cet insecte s’opère aujourd’hui dans un contexte nouveau, lié aux changements globaux (réchauffement climatique, mondialisation des échanges, urbanisation et modification des habitats…) mais aussi lié à l’évolution des préoccupations de la société (développement durable, respect de l’environnement), qui modifie le rapport coût-impact/ bénéfice des différentes méthodes existantes et qui appelle la production de connaissances qui permettront le développement de nouvelles stratégies de gestion. Néanmoins, à ce jour, plusieurs méthodes de lutte peuvent être mobilisées à différentes étapes du cycle biologique, et doivent le plus souvent être associées pour obtenir une action significative sur le niveau de population.

Les arbres hôtes

La processionnaire du pin peut s’attaquer à tous les pins et les cèdres présents dans son aire de distribution. Les classements par ordre de préférence et de performance (choix des femelles, survie des larves, fécondité des adultes…) des principales essences natives de son aire (pin sylvestre, pin noir, pin maritime, pin pignon, pin d’Alep, cèdre de l’Atlantique) peuvent varier suivant les régions biogéographiques, mais le pin noir, indépendamment de la sous-espèce et de la provenance, qu’il soit en situation native ou exotique dans la région considérée, reste de loin l’essence préférée (e.g. Huchon & Démolin, 1970 ; Montoya, 1981 ; Géri, 1983 ; Démolin et al., 1996 ; Démolin et al., 1998 ; Rousselet et al., 2010b).

En ce qui concerne le niveau d’attaque, il existe aussi une forte interaction avec le climat, certains hôtes se rencontrant essentiellement dans des régions plutôt suboptimales du point de vue du développement de l’insecte (Huchon & Démolin, 1970). Il est également à noter que du fait de l’expansion de son aire de répartition, la processionnaire attaque de plus en plus couramment des pins d’altitude autochtones, comme le pin à crochet ou le pin mugo, jusqu’ici épargnés en conditions naturelles car au-dessus de la limite altitudinale de l’insecte. C’est également le cas pour des plantations de montagne d’essences exotiques.

La processionnaire est d’ailleurs également capable de s’attaquer à un grand nombre de pinacées exotiques utilisées en plantations de production ou à titre ornemental, comme le pin de Monterey, le pin de Weymouth, le cèdre de l’Himalaya, le sapin de Douglas… et bien d’autres encore, comme cela est constaté en situation d’arboretum (Piou, comm. pers.)

Processionnaire du Pin (D.Lejeune)Enfin, il est à noter que, plus le niveau de population de processionnaires est élevé une année donnée, plus la gamme taxonomique d’hôtes attaqués cette année-là est large. Ceci est là aussi particulièrement manifeste en situation d’arboretum (Piou, comm. pers.) Seules des pinacées natives d’Europe n’appartenant pas aux genres Pinus ou Cedrus, comme Picea abies ou Abies alba, sont épargnées. Le mélèze peut être occasionnellement attaqué, mais la perte des aiguilles coupe court à la colonisation.

Le comportement de choix de la femelle vis-à-vis du végétal et les performances des larves sur celui-ci peuvent être à la base de méthodes préventives. Par exemple, un rang d’essence non hôte masquant les lisières le mieux exposées au soleil protège le « talon d’Achille » d’une plantation et peuvent réduire considérablement le niveau d’infestation de cette espèce héliophile. La réduction de l’usage à caractère ornemental des différentes variétés de pin noir, voire leur suppression dans des zones à risques (cours d’école, etc.) permettraient, surtout en milieu urbain, de limiter les risques d’exposition à la processionnaire.

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Jérôme Rousselet
Unité de Recherche de Zoologie Forestière, Inra Centre d’Orléans
Conférence dans le cadre des journées à thème sur l'arbre Bourges 2011

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