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Agapanthus 'Blue Heaven' (La plante du mois)

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Les meilleurs porte-greffes pour fruitiers

Malus communis (D.Lejeune)Que l’amateur fasse lui-même ses plants par greffage ou qu’il passe commande à un pépiniériste, il devra choisir ses porte-greffes en fonction du milieu (sol et climat), de la variété à greffer, de la conduite des arbres. Quelques notions sur les caractéristiques des porte-greffes peuvent l’aider dans cette démarche. Nous traitons ici en premier du rôle du porte-greffe et des qualités qu’il doit présenter. Puis nous abordons les différents porte-greffes du pommier, du pêcher, du prunier et du cerisier.

Une des premières préoccupations de l’arboriculteur est de multiplier les arbres afin d’obtenir des sujets plus nombreux ou d’améliorer les performances d’une nouvelle obtention. Le choix de la variété à greffer relève des goûts du jardinier, et des opportunités. Mais le porte-greffe ne semble pas retenir une attention particulière. Et pourtant, il doit être soigneusement choisi…
La multiplication des arbres fruitiers fait appel à deux méthodes : le semis et la multiplication végétative. Le semis est le procédé naturel : on sème des graines (pépins ou noyaux) contenues dans le fruit. Appelés « francs de semis » ou « sauvageons », les arbres obtenus par semis sont toujours très vigoureux. Les fruits que donne le franc ne ressemblent pas aux fruits dont sont issues les graines, sauf exception. En effet, la formation de la graine relève de la reproduction sexuée, c’est-à-dire la fusion d’une cellule mâle qui apporte les caractères du géniteur mâle, et d’une cellule femelle porteuse des caractères du géniteur femelle. Il en résulte un brassage et une combinaison de caractères génétiques, de sorte que la graine donnera un individu nouveau, original, qui ne ressemble à aucun des parents, ni à aucun autre plant issu du même semis. Ainsi, la descendance d’un pommier ou d’un poirier est toujours hétérogène. Marcottage, bouturage, greffage font partie de la multiplication végétative. On détache une partie de la plante initiale (le pied mère) pour la faire vivre de façon autonome. Les plants ainsi multipliés présentent fidèlement et intégralement les caractères du pied mère, et ils sont tous semblables entre eux. Ils constituent un clone lorsqu’ils sont issus d’un pied mère unique, appelé tête de clone. La multiplication végétative permet d’obtenir des plants réguliers et toujours identiques au pied mère. Il existe, certes, des variétés qui se reproduisent par semis, telles, chez le pêcher : Reine des Vergers, Grosse Mignonne, Précoce de Crawford, ou, chez le prunier : prune d’Agen, Sainte Catherine, quetsches, mirabelles. Néanmoins, d’une manière générale, l’arbre fruitier cultivé résulte de l’assemblage d’un porte-greffe (le sujet) et d’une variété (le greffon).

Le rĂ´le du porte-greffe
Par son système racinaire, le porte-greffe permet à l’arbre de s’implanter dans un sol (ancrage plus ou moins solide) et de s’adapter à ce sol. L’assemblage porte-greffe et greffon forme le plant fruitier, appelé « scion » lorsque le greffage a lieu en écusson sur un jeune sujet. Les caractéristiques du porte-greffe sont précieuses à connaître dans des cas difficiles : sols humides, battants, sols calcaires, secs, de faible épaisseur…, climat froid… Nous le montrerons à propos des porte-greffes de quelques espèces fruitières.

Que doit-on exiger d’un porte-greffe ?
La première qualité d’un porte-greffe est d’être compatible avec la variété greffée. Dans l’ensemble, les francs issus de semis sont compatibles avec les variétés de la même espèce. Il n’en va pas de même des porte-greffes clonaux multipliés par voie végétative. En cas d’incompatibilité, le porte-greffe rejette le greffon : le plant végète, ou dépérit et meurt.
La deuxième qualité d’un porte-greffe est d’être sain, c’est-à-dire indemne de maladies à virus. En effet, les virus sont transmis par le greffage : un porte-greffe virosé contamine ses descendants et les greffons qui leur sont associés. Une fois installées, les maladies à virus sont incurables. Le seul moyen de lutte consiste donc à utiliser des porte-greffes et des greffons exempts de virus. L’organisation réalisée par l’Inra*, le CTIFL** et le SPV*** permet de livrer sur le marché des porte-greffes et des greffons débarrassés des virus. Ce matériel végétal contrôlé porte une étiquette spéciale INFEL avant arrachage (double étiquette pour les scions : porte-greffe et variété). Outre son adaptation au sol, le porte-greffe confère à la variété une certaine vigueur, peut modifier l’avance ou le retard de maturité aux fruits. Ces caractères sont à prendre en considération lors du choix du porte-greffe.

OĂą se procurer le porte-greffe ?
Le jardinier peut s’adresser à un ami ou un voisin pour greffer la variété choisie. Dans ce cas, il lui fait entière confiance quant à l’identité du porte-greffe et à son état sanitaire ! Prélever ses porte-greffes sur des drageons (de prunier par exemple) est formellement déconseillé : c’est la meilleure façon de propager les maladies à virus. L’amateur passe commande à un pépiniériste qui peut (ou ne peut pas) fournir quelques garanties : présenter un certificat d’authenticité (par exemple, qu’il s’agit bien du franc de pêcher GF 305 et non d’un semis quelconque), et un certificat de bon état sanitaire (étiquette INFEL). Les plants certifiés ont un coût plus élevé, mais ils garantissent l’identité du porte-greffe et son état sanitaire.

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Michel Gautier
Article paru dans Jardins de France en septembre 2009